Une étude internationale publiée par la Drees ce jeudi révèle que la France soutient financièrement davantage les salariés modestes que les personnes sans emploi. Comparée à douze autres pays développés, dont l’Allemagne, le Canada, le Japon ou les États-Unis, la France se distingue par un modèle qui favorise les revenus issus de l’activité, notamment grâce à la prime d’activité, qui complète les faibles salaires.
Un modèle qui valorise le travail au détriment des inactifs
L’étude montre que la France appartient à un groupe de pays qui offrent un soutien à la fois aux chômeurs et aux travailleurs pauvres, aux côtés de l’Espagne, du Royaume-Uni et du Japon. Toutefois, parmi ce groupe, c’est en France que les salariés modestes bénéficient du revenu disponible le plus élevé, en grande partie grâce à un système d’aides et de crédits d’impôt ciblés.
En revanche, l’étude souligne que la France se montre un peu moins généreuse que d’autres pays européens lorsqu’il s’agit d’aider les personnes sans ressources. Les minima sociaux, bien que présents, offrent un niveau de vie inférieur à celui observé dans des pays comme l’Autriche ou la Suède, où les aides sont davantage orientées vers les populations inactives.
Ce modèle social français repose sur un pari clair : inciter à l’activité en valorisant le travail, même peu rémunéré, plutôt que compenser l’absence d’emploi. Si cette stratégie soutient la reprise d’activité et la lutte contre le chômage, elle soulève aussi la question de la prise en charge des plus précaires, qui restent parfois à l’écart du filet de sécurité sociale.