Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a violemment critiqué, jeudi 3 avril, les nouvelles mesures protectionnistes américaines qui frappent les territoires ultramarins français de droits de douane spécifiques et aléatoires. Alors que l’Union européenne et la France métropolitaine écopent de 20 % de surtaxe sur leurs exportations vers les États-Unis, certains DROM et COM se voient imposer des taux bien supérieurs, jusqu’à 50 % pour Saint-Pierre-et-Miquelon.
Une taxation « sans logique apparente »
À La Réunion, le taux atteint 37 %, contre 10 % pour la Guyane, la Polynésie ou la Guadeloupe. Des écarts qui interrogent élus et experts. « C’est un cumul d’incohérences, d’absurdité et d’incompétence », a dénoncé Valls, évoquant une décision « digne des années 30 ». La sénatrice Micheline Jacques déplore un « impact considérable », tandis que le député Stéphane Lenormand ironise : « on est 6 000 habitants, ce n’est pas nous qui plombons la balance commerciale américaine ».
Selon Ivan Odonnat, directeur général de l’Iedom-Ieom, la banque centrale des Outre-mer, les États-Unis ont « ignoré la réalité juridique » des DROM, pourtant intégrés au territoire douanier européen. « Pour eux, les territoires ultramarins sont surtout d’Outre-mer, et à peine français », déplore-t-il.
Face à la colère et à l’incompréhension, les élus appellent à une réponse ferme de l’exécutif et de l’Union européenne. Pour l’heure, Washington n’a pas justifié ses choix, ravivant un sentiment d’arbitraire à forte charge symbolique pour des territoires déjà économiquement fragilisés.








