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DOSSIER SPÉCIAL TOUSSAINT – Même morts, ils n’ont pas eu la paix: ces personnages historiques déterrés, jugés, pendus ou mutilés après leur décès

Même morts, ils n’ont pas eu la paix: ces personnages historiques déterrés, jugés, pendus ou mutilés après leur décès
Même morts, ils n’ont pas eu la paix: ces personnages historiques déterrés, jugés, pendus ou mutilés après leur décès

À l’occasion de la Toussaint, les morts sont à l’honneur. Mais certains personnages historiques n’ont pas eu droit au repos éternel. Un cercueil volé pour obtenir une rançon, le cadavre d’un dictateur suspendu par les pieds devant une foule déchaînée, un pape exhumé pour être jugé, un ancien chef d’État exécuté deux ans après sa mort ou encore un théologien dont les os ont été brûlés 44 ans après son enterrement. Du Moyen Âge au XXe siècle, ces hommes et ces femmes ont subi des humiliations, des vengeances ou des profanations jusque dans leur tombe.

Charlie Chaplin : son cercueil volé pour réclamer une rançon à sa veuve (1978)

Dans la nuit du 1er au 2 mars 1978, le cimetière de Corsier-sur-Vevey, en Suisse, est le théâtre d’une disparition extraordinaire. Le cercueil de Charlie Chaplin est déterré et emporté par des inconnus. L’acteur, mort le 25 décembre 1977 à l’âge de 88 ans, repose depuis seulement 2 mois dans cette commune située près du lac Léman, où il a passé les dernières décennies de sa vie.

Les voleurs prennent contact avec sa veuve, Oona Chaplin, et réclament une rançon de 600 000 francs suisses. La famille refuse de céder au chantage et prévient la police. Les enquêteurs placent les communications téléphoniques sous surveillance et organisent une opération pour identifier les responsables. Après plusieurs semaines, 2 hommes sont arrêtés.

Le cercueil est finalement retrouvé en mai 1978, enterré dans un champ près du village de Noville. Les 2 malfaiteurs, originaires de Pologne et de Bulgarie, expliquent avoir voulu obtenir de l’argent en exploitant la célébrité du défunt. Chaplin est réinhumé à Corsier-sur-Vevey. Cette fois, sa tombe est protégée par une importante couche de béton destinée à empêcher toute nouvelle tentative de vol.

Eva Perón : sa dépouille enlevée et cachée pendant 16 ans (1955)

Eva Perón meurt le 26 juillet 1952, à seulement 33 ans, des suites d’un cancer. Épouse du président argentin Juan Domingo Perón, elle est devenue une figure politique et populaire considérable. Son corps est embaumé par le spécialiste espagnol Pedro Ara, qui entreprend un travail de conservation particulièrement élaboré. La dépouille doit être exposée dans un monument destiné à perpétuer sa mémoire.

Mais le renversement de Juan Perón par un coup d’État militaire, en septembre 1955, bouleverse ce projet. Les nouvelles autorités redoutent que le corps d’Evita devienne un symbole de résistance pour les partisans du président déchu. En novembre, les militaires s’emparent secrètement de la dépouille et entreprennent de la faire disparaître.

Pendant plusieurs années, le corps est déplacé entre différents lieux de conservation clandestins. En 1957, il est envoyé en Italie et enterré dans un cimetière de Milan sous le faux nom de Maria Maggi de Magistris. Son emplacement demeure un secret d’État. En 1971, après 16 ans de disparition, la dépouille est exhumée et remise à Juan Perón, alors exilé à Madrid.

Après la mort de ce dernier en 1974, le corps d’Eva Perón retourne en Argentine. Il est finalement inhumé en 1976 dans le caveau familial des Duarte, au cimetière de la Recoleta, à Buenos Aires.

Benito Mussolini : son cadavre pendu par les pieds devant une foule déchaînée (1945)

Le 28 avril 1945, Benito Mussolini est exécuté par des partisans italiens près du lac de Côme, alors qu’il tente de fuir l’avancée des forces alliées. L’ancien dictateur fasciste, âgé de 61 ans, est abattu avec sa maîtresse Clara Petacci. Leurs dépouilles sont ensuite transportées à Milan, où elles sont exposées sur la Piazzale Loreto.

Le choix du lieu est particulièrement symbolique. En août 1944, 15 résistants italiens y ont été fusillés par les forces fascistes, et leurs corps laissés sur la place pour terroriser la population. Cette fois, la foule s’acharne sur les dépouilles de Mussolini, de Petacci et de plusieurs responsables fascistes. Les cadavres sont frappés, insultés et piétinés.

Pour les soustraire à la foule, les corps sont suspendus par les pieds à la structure métallique d’une station-service. Des photographies de cette scène sont prises et diffusées dans le monde entier. Mussolini est ensuite enterré anonymement au cimetière de Musocco, à Milan.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En avril 1946, des militants néofascistes dérobent son cadavre. Après plusieurs mois de recherches, la dépouille est récupérée par les autorités italiennes, puis conservée secrètement pendant des années. Ce n’est qu’en 1957 qu’elle est remise à sa famille et inhumée dans la crypte familiale de Predappio, sa ville natale.

Oliver Cromwell : pendu et décapité 2 ans après sa mort (1661)

Oliver Cromwell dirige l’Angleterre après la guerre civile et l’exécution du roi Charles Ier en 1649. Devenu Lord Protecteur en 1653, il gouverne le pays jusqu’à sa mort, le 3 septembre 1658, à l’âge de 59 ans. Il reçoit alors des honneurs exceptionnels : son corps est enterré dans l’abbaye de Westminster et de somptueuses funérailles nationales sont organisées.

Mais le retour de la monarchie change radicalement son destin. En 1660, Charles II monte sur le trône et décide de punir les responsables de l’exécution de son père. Cromwell étant déjà mort, le souverain ordonne de déterrer son cadavre pour lui faire subir une exécution symbolique. Le 30 janvier 1661, date anniversaire de la décapitation de Charles Ier, sa dépouille est pendue à Tyburn, le lieu habituel des exécutions londoniennes.

Après cette pendaison posthume, le corps est décapité. Sa tête est placée au bout d’une pique devant Westminster Hall, où elle demeure exposée pendant plus de 20 ans. Elle passe ensuite entre plusieurs mains, notamment celles de collectionneurs privés. En 1960, une tête considérée comme celle de Cromwell est finalement enterrée dans la chapelle du Sidney Sussex College, à Cambridge, plus de 300 ans après la mort de l’ancien dirigeant.

Gilles van Ledenberg : il se suicide pour échapper au bourreau, son cercueil est pendu (1619)

En 1618, les Provinces-Unies, territoire correspondant en grande partie aux Pays-Bas actuels, traversent une grave crise politique et religieuse. Gilles van Ledenberg, secrétaire des États d’Utrecht et proche du grand pensionnaire Johan van Oldenbarnevelt, est arrêté dans le cadre des affrontements entre les différentes factions du pouvoir.

Emprisonné, il se suicide le 28 septembre 1618, vraisemblablement dans l’espoir d’échapper à une condamnation et de protéger les biens de sa famille. Mais les autorités refusent de laisser l’affaire s’arrêter avec sa mort. Son corps est conservé pendant plusieurs mois afin que la procédure judiciaire puisse suivre son cours.

En mai 1619, le défunt est reconnu coupable de trahison. Le tribunal prononce la confiscation de ses biens et ordonne une pendaison posthume. Le 15 mai, son cadavre est transporté dans un cercueil jusqu’au lieu d’exécution, près de La Haye. Le cercueil contenant la dépouille est suspendu à une potence, au milieu des corps d’autres condamnés.

La scène est représentée dans plusieurs gravures de l’époque, aujourd’hui conservées notamment au Rijksmuseum d’Amsterdam. Van Ledenberg a choisi la mort pour éviter le châtiment. La justice décide finalement de pendre son cercueil.

Martin Bucer : son cadavre brûlé avec ses propres livres (1557)

Martin Bucer est l’un des grands théologiens de la Réforme protestante au XVIe siècle. Né en Alsace en 1491, il joue un rôle important dans la diffusion des idées réformatrices en Allemagne avant de trouver refuge en Angleterre. Accueilli à Cambridge, il y devient professeur de théologie et participe aux réflexions sur l’organisation de l’Église anglaise.

Il meurt en février 1551 et reçoit des funérailles honorables dans l’église universitaire Great St Mary’s. Mais en 1553, l’arrivée au pouvoir de Marie Ire d’Angleterre entraîne le rétablissement du catholicisme et une politique de persécution contre les protestants. Les autorités religieuses décident de poursuivre Bucer après sa mort, ainsi qu’un autre théologien protestant, Paul Fagius, décédé en 1549.

Le 16 février 1557, les dépouilles des 2 hommes sont exhumées, placées dans de nouveaux cercueils et transportées sur la place du marché de Cambridge. Un bûcher est dressé et leurs restes sont brûlés avec des livres protestants, parmi lesquels figurent des ouvrages associés à leurs enseignements. L’opération vise à condamner publiquement leurs doctrines et à effacer leur influence.

La situation se renverse rapidement. En 1558, Élisabeth Ire succède à Marie Tudor et rétablit le protestantisme. Bucer et Fagius sont officiellement réhabilités en 1560, 3 ans après la destruction de leurs restes.

Paul Fagius : condamné pour hérésie 8 ans après sa mort (1557)

Paul Fagius est un théologien protestant allemand, spécialiste de l’hébreu, qui quitte le continent pour l’Angleterre en 1549. Invité à Cambridge dans le cadre du développement des études religieuses protestantes, il meurt le 13 novembre de la même année, avant d’avoir véritablement pu exercer ses nouvelles fonctions universitaires.

Il est enterré dans l’église Great St Mary’s, à Cambridge. Pendant plusieurs années, sa dépouille repose sans incident. Mais l’accession au trône de Marie Ire et le retour du catholicisme entraînent une offensive contre les figures de la Réforme. En 1557, une commission ecclésiastique entreprend de condamner Fagius et Martin Bucer, son ancien collègue, pour leurs doctrines religieuses.

Le 16 février 1557, les restes de Fagius sont retirés de leur sépulture et brûlés sur la place du marché de Cambridge, aux côtés de ceux de Bucer et de livres protestants. Fagius est mort depuis plus de 7 ans. Son corps devient ainsi l’objet d’une exécution posthume destinée à frapper les esprits et à condamner publiquement ses enseignements.

Comme Bucer, il est réhabilité après l’arrivée au pouvoir d’Élisabeth Ire. En 1560, les autorités universitaires sont chargées de restaurer officiellement l’honneur des 2 théologiens dont les dépouilles ont été livrées aux flammes.

Nils Dacke : sa tête couronnée pour ridiculiser le chef d’une révolte (1543)

Au XVIe siècle, la Suède est gouvernée par Gustave Ier Vasa, qui cherche à renforcer l’autorité royale et à imposer de nouvelles taxes. En 1542, ces mesures provoquent une importante révolte paysanne dans le sud du royaume. Le mouvement est dirigé par Nils Dacke, un paysan de la région de Småland, qui parvient à rassembler une véritable armée contre le souverain.

Pendant plusieurs mois, les insurgés remportent des succès militaires et contraignent le roi à négocier. Mais les forces royales reprennent progressivement l’avantage. Au cours de l’été 1543, la rébellion s’effondre et Dacke est traqué. Il finit par être abattu alors qu’il tente d’échapper à ses poursuivants.

Son corps est transporté à Kalmar, où il est exposé et mutilé. Selon les témoignages historiques, sa tête est placée sur une pique et coiffée d’une couronne de cuivre. Cette couronne dérisoire est destinée à ridiculiser celui qui a osé défier l’autorité du roi et à avertir les paysans des conséquences d’une nouvelle insurrection.

La répression touche également la famille de Dacke. Plusieurs de ses proches sont exécutés, tandis que son fils est emprisonné à Stockholm, où il meurt. La révolte de Dacke demeure l’un des plus importants soulèvements paysans de l’histoire scandinave.

Thomas Becket : Henri VIII fait détruire son tombeau près de 370 ans après son assassinat (1538)

Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, est assassiné le 29 décembre 1170 dans sa cathédrale par 4 chevaliers liés au roi Henri II d’Angleterre. Le meurtre provoque un immense scandale dans toute l’Europe chrétienne. Canonisé en 1173, Becket devient l’un des saints les plus populaires du Moyen Âge, et son tombeau attire des pèlerins venus de tout le continent.

Pendant des siècles, son sanctuaire s’enrichit de dons, de bijoux et de métaux précieux. Mais au XVIe siècle, Henri VIII rompt avec Rome et entreprend de supprimer les institutions et les symboles religieux opposés à sa nouvelle autorité. Le culte de Becket, ancien défenseur des droits de l’Église face au pouvoir royal, devient une cible privilégiée.

En septembre 1538, sur ordre du souverain, des agents royaux entreprennent de démanteler le sanctuaire de Cantorbéry. Les pierres sont brisées, les richesses confisquées et les reliques du saint retirées. Leur sort exact demeure inconnu. Des témoignages de l’époque affirment qu’elles ont été brûlées et leurs cendres dispersées, mais cette version n’a jamais été définitivement établie.

Henri VIII ordonne également de supprimer le nom et les représentations de Becket des édifices et des livres religieux. Près de 370 ans après son assassinat, l’archevêque subit ainsi une nouvelle persécution, destinée cette fois à faire disparaître jusqu’à sa mémoire.

Jan van Leiden : son cadavre enfermé dans une cage de fer suspendue à une église (1536)

En 1534, la ville allemande de Münster tombe sous le contrôle d’un mouvement religieux radical issu de la Réforme. Jan van Leiden, un prédicateur originaire des Pays-Bas, s’y proclame roi et instaure un régime théocratique. Il se constitue une cour, impose de nouvelles règles religieuses et prend plusieurs épouses.

Le prince-évêque de Münster organise alors le siège de la ville. Après de longs mois de combats et de famine, les assiégeants reprennent Münster en juin 1535. Jan van Leiden est capturé avec 2 autres dirigeants du mouvement, Bernhard Knipperdolling et Bernd Krechting. Tous 3 sont condamnés à mort et exécutés publiquement le 22 janvier 1536, après avoir subi d’atroces tortures.

Mais leurs bourreaux ne se contentent pas de les tuer. Les 3 cadavres sont enfermés dans de grandes cages de fer et suspendus au clocher de l’église Saint-Lambert, au cœur de Münster. Les corps sont laissés en hauteur pour servir d’avertissement à tous ceux qui seraient tentés de contester l’autorité religieuse et politique.

Les cages restent fixées à l’édifice pendant des siècles. Elles sont retirées lors de la démolition de l’ancien clocher en 1881, puis réinstallées sur le nouveau. Aujourd’hui encore, les 3 structures métalliques sont visibles sur l’église Saint-Lambert.

John Wycliffe : ses os brûlés 44 ans après son enterrement (1428)

Le théologien anglais John Wycliffe meurt le 31 décembre 1384, après avoir défendu des positions particulièrement critiques envers l’Église catholique. Professeur à Oxford, il conteste notamment la richesse du clergé et l’autorité du pape. Ses idées inspirent les lollards, un mouvement religieux considéré comme hérétique, puis certains réformateurs protestants.

Sa mort ne met pourtant pas fin aux poursuites engagées contre ses enseignements. En 1415, soit 31 ans après son décès, le concile de Constance condamne officiellement ses doctrines. L’Église ordonne également que ses restes soient retirés de terre. La décision est exécutée en 1428, à Lutterworth, dans le Leicestershire, où Wycliffe a été enterré.

Ses os sont exhumés et brûlés publiquement. Les cendres sont ensuite jetées dans la rivière Swift. L’objectif est de priver le théologien d’une sépulture susceptible de devenir un lieu de rassemblement pour ses disciples. Il faut donc attendre 44 ans après sa mort pour que ses adversaires achèvent de punir un homme décédé dans son lit.

Henry Percy : déterré, décapité et envoyé en morceaux dans plusieurs villes (1403)

En juillet 1403, Henry Percy, surnommé « Hotspur », participe à une rébellion contre le roi Henri IV d’Angleterre. Ce puissant noble du Northumberland a pourtant contribué à l’accession du souverain au trône quelques années plus tôt. Leurs relations se sont détériorées, notamment en raison de différends politiques et militaires.

Le 21 juillet 1403, Percy est tué lors de la bataille de Shrewsbury, remportée par les forces royales. Son corps est d’abord enterré à Whitchurch. Mais des rumeurs affirmant qu’il aurait survécu commencent à circuler. Pour faire taire ces spéculations, Henri IV ordonne son exhumation et l’exposition publique de sa dépouille sur la place du marché de Shrewsbury.

Le roi va ensuite beaucoup plus loin. Le cadavre est décapité et démembré. La tête de Percy est envoyée à York, où elle est exposée sur l’une des portes de la ville. Les différentes parties de son corps sont expédiées à Londres, Newcastle, Bristol et Chester. Les restes sont finalement rendus à sa veuve pour être enterrés à York. En janvier 1404, Percy est officiellement déclaré traître à titre posthume et ses terres sont confisquées.

Simon de Montfort : sa tête et ses membres deviennent des trophées de guerre (1265)

Né dans une famille aristocratique française, Simon de Montfort devient l’un des personnages les plus puissants de l’Angleterre du XIIIe siècle. Comte de Leicester, il prend la tête d’une révolte de barons contre le roi Henri III et impose temporairement un gouvernement contrôlé par ses partisans. En 1265, il se retrouve cependant confronté aux forces royalistes commandées par le prince Édouard, futur Édouard Ier.

Le 4 août 1265, les 2 armées s’affrontent à Evesham. Les troupes de Montfort sont écrasées et leur chef est tué au cours des combats. Les vainqueurs décident alors de faire subir à son cadavre un traitement particulièrement violent. Son corps est démembré, tandis que sa tête, une main, un pied et ses organes génitaux sont prélevés comme trophées.

Sa tête est notamment envoyée au château de Wigmore, associé à son ennemi Roger Mortimer. Ces mutilations visent à humilier le chef rebelle, mais aussi à démontrer publiquement la victoire du camp royal. Malgré cette profanation, Montfort fait rapidement l’objet d’une vénération chez certains de ses anciens partisans, qui le considèrent comme un martyr.

Harold Ier d’Angleterre : son demi-frère fait déterrer son corps et le jeter dans un marécage (1040)

Harold Ier, surnommé « Pied-de-Lièvre » en raison de sa réputation de coureur rapide, règne sur l’Angleterre de 1035 à 1040. Fils du roi Knut le Grand, il s’empare du pouvoir alors que son demi-frère Hardeknut, également prétendant au trône, se trouve au Danemark. Cette rivalité dynastique marque tout son règne.

Harold meurt le 17 mars 1040 et est enterré à Westminster. Quelques mois plus tard, Hardeknut arrive en Angleterre et devient roi. Il décide alors de se venger de son demi-frère, pourtant déjà mort. Sur son ordre, la dépouille de Harold est retirée de sa tombe et jetée dans un marécage. D’autres traditions historiques évoquent la Tamise et une possible décapitation du cadavre.

Le corps aurait ensuite été récupéré et enterré de nouveau par des habitants d’origine danoise, près de l’église Saint-Clément-des-Danois, à Londres. Cette vengeance familiale, rapportée notamment par des chroniques anglo-saxonnes, témoigne de la haine entre les prétendants à la couronne. Même mort, Harold est encore considéré comme un rival dont il faut effacer les honneurs funéraires.

Le pape Formose : exhumé, installé sur un trône et jugé devant un tribunal (897)

Rome, janvier 897. Dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, une scène invraisemblable se déroule devant des dignitaires de l’Église. Un cadavre en décomposition, vêtu des habits pontificaux, est installé sur un siège pour comparaître devant un tribunal ecclésiastique. L’accusé est le pape Formose, mort 9 mois plus tôt. Son successeur, Étienne VI, a ordonné son exhumation afin de le juger pour des fautes commises de son vivant.

Le procès, passé à la postérité sous le nom de « concile cadavérique », est organisé dans un contexte de luttes acharnées pour le contrôle de la papauté. Formose est notamment accusé d’avoir occupé illégalement le siège de Rome alors qu’il était déjà évêque de Porto. Un diacre est désigné pour répondre aux questions à la place du mort. Le cadavre est condamné, les actes pontificaux de Formose sont annulés et les 3 doigts de sa main droite utilisés pour les bénédictions sont coupés.

Le corps est ensuite dépouillé de ses vêtements pontificaux, enterré dans une fosse commune, puis jeté dans le Tibre. Mais cette vengeance finit par se retourner contre Étienne VI. Quelques mois plus tard, le pape est renversé, emprisonné et étranglé dans sa cellule. Formose est finalement réhabilité et sa dépouille reçoit de nouvelles funérailles.

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