Le 21 octobre 1945, la France a vécu une journée historique. Pour la première fois, les femmes ont participé à des élections législatives, après des décennies de combats pour obtenir le droit de vote. Près d’un siècle après l’instauration du suffrage universel masculin en 1848, les Françaises ont enfin pu élire leurs représentants à l’Assemblée nationale constituante. Ce même jour, elles ont également participé au référendum destiné à déterminer l’avenir des institutions françaises.
Un droit obtenu après des décennies de refus
Le droit de vote des femmes a été reconnu par l’ordonnance du 21 avril 1944, signée à Alger par le général de Gaulle, à la tête du Gouvernement provisoire de la République française. Son article 17 a établi que « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. »
Cette décision a mis fin à une longue exclusion politique. Sous la IIIe République, plusieurs propositions visant à accorder le droit de vote aux femmes avaient été adoptées par la Chambre des députés, mais elles avaient été bloquées par le Sénat. Malgré les mobilisations des suffragistes, les Françaises étaient restées privées du droit de participer aux élections nationales.
Le 21 octobre 1945, une première historique pour les législatives
Les Françaises avaient déjà exercé leur droit de vote lors des élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945. Le scrutin du 21 octobre a constitué une nouvelle étape : elles ont pu participer pour la première fois à la désignation des députés, tout en prenant part à un référendum national.
Les électeurs ont été appelés à élire une Assemblée constituante chargée de préparer une nouvelle Constitution. Ils ont également dû se prononcer sur le maintien ou l’abandon des institutions de la IIIe République et sur l’organisation des pouvoirs de la future assemblée.
33 femmes élues députées
Le scrutin du 21 octobre 1945 a permis à 33 femmes d’entrer à l’Assemblée nationale constituante, sur un total de 586 députés. Parmi elles figuraient notamment Marie-Claude Vaillant-Couturier, Eugénie Éboué-Tell et Germaine Poinso-Chapuis.
Cette représentation féminine, encore très minoritaire, a constitué une rupture dans l’histoire parlementaire française. Jusqu’alors, aucune femme n’avait siégé à la Chambre des députés sous la IIIe République.
La France avait pris du retard sur de nombreux pays
En 1945, plusieurs pays avaient déjà accordé le droit de vote aux femmes depuis plusieurs décennies. La Nouvelle-Zélande l’avait reconnu dès 1893, la Finlande en 1906, le Royaume-Uni progressivement à partir de 1918, avec l’égalité électorale en 1928, et les États-Unis en 1920 au niveau fédéral.
La France, pourtant attachée depuis la Révolution aux principes de liberté et d’égalité, avait attendu 1944 pour reconnaître ce droit fondamental aux femmes.
Le 21 octobre 1945 reste ainsi une date essentielle de l’histoire démocratique française. Pour la première fois lors d’un scrutin législatif, les Françaises ont pu choisir leurs députés et participer directement à la reconstruction politique du pays après la Seconde Guerre mondiale.

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