Le 29 octobre 1929, la Bourse de New York connaît l’une des journées les plus catastrophiques de son histoire. Ce « mardi noir », plus de 16 millions d’actions changent de mains dans une panique générale. Des fortunes disparaissent en quelques heures, des milliers d’investisseurs sont ruinés et les États-Unis basculent dans une crise économique qui va frapper une grande partie de la planète pendant les années 1930.
Le mardi noir : 16 millions d’actions vendues dans la panique
Tout commence quelques jours plus tôt. Le jeudi 24 octobre 1929, surnommé le « jeudi noir », Wall Street est secouée par une vague massive de ventes. De grandes banques tentent de soutenir les cours, mais cette accalmie ne dure que quelques jours. Le lundi 28 octobre, le marché plonge de nouveau, avant de connaître une nouvelle débâcle le lendemain.
Le mardi 29 octobre, environ 16,4 millions d’actions sont échangées à la Bourse de New York, un volume exceptionnel pour l’époque. L’indice Dow Jones perd près de 12% en une seule séance, après avoir déjà chuté de près de 13% la veille. Les ordres de vente s’accumulent et les investisseurs cherchent désespérément à se débarrasser de leurs titres, parfois à n’importe quel prix.
Des années de spéculation s’écroulent en quelques jours
Pendant les années 1920, les États-Unis connaissent une période de forte croissance économique. La Bourse attire des millions d’Américains, convaincus que les actions continueront indéfiniment à prendre de la valeur. Certains achètent même des titres à crédit, en empruntant une grande partie des sommes nécessaires.
Lorsque les cours commencent à baisser, ce système accélère la catastrophe. Les investisseurs endettés sont contraints de vendre pour rembourser leurs emprunts, alimentant une spirale de nouvelles baisses. Entre son sommet du 3 septembre 1929 et son point bas du 8 juillet 1932, le Dow Jones perd près de 89% de sa valeur.
Des millions d’Américains perdent leur emploi et leurs économies
Le krach boursier est suivi d’une dépression économique d’une ampleur exceptionnelle. Les faillites bancaires se multiplient, les entreprises réduisent leur production et le chômage explose. Aux États-Unis, le taux de chômage atteint environ 25% en 1933, tandis que des millions de familles perdent leurs économies, leur logement ou leur emploi.
La crise dépasse rapidement les frontières américaines. La contraction du commerce international, les difficultés bancaires et le retrait des capitaux américains frappent notamment l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Les économies européennes, déjà fragilisées par la Première Guerre mondiale, subissent à leur tour les conséquences de la Grande Dépression.
Roosevelt lance le New Deal pour sortir les États-Unis de la crise
Face à l’ampleur de la catastrophe, le président américain Franklin D. Roosevelt, arrivé au pouvoir en 1933, lance le New Deal, un ensemble de réformes économiques, de programmes de travaux publics et de mesures sociales destinées à soutenir l’activité et à rétablir la confiance.
Les États-Unis renforcent également la réglementation des marchés financiers. La Securities and Exchange Commission (SEC), chargée de surveiller les marchés boursiers, est créée en 1934. La crise transforme durablement les rapports entre l’État, les banques et les investisseurs.
Le 29 octobre 1929 reste l’une des dates les plus célèbres de l’histoire économique. Si la Grande Dépression résulte de plusieurs facteurs et ne découle pas de cette seule journée, le « mardi noir » en devient le symbole : celui de l’effondrement d’une prospérité que beaucoup croyaient éternelle.









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