SOCIÉTÉ Faits divers

Crèche de La Grande-Motte : trois employées condamnées pour maltraitance

Crèche de La Grande-Motte : trois employées condamnées pour maltraitance

Insultes, gifles, poussées, voire tentative de noyade sous un robinet : derrière les murs de la crèche « Mar’Motte » à La Grande-Motte, des tout-petits auraient subi l’indicible. Ce jeudi 3 avril, le tribunal judiciaire de Montpellier a condamné trois anciennes employées pour des faits de violences sur mineurs de moins de 3 ans, malgré des preuves jugées parfois trop fragiles pour permettre des condamnations plus larges.

Un dossier glaçant, des preuves insuffisantes

Tout commence à l’été 2024. Un signalement remonte jusqu’à la direction de l’Agglomération du Pays de l’Or. En quelques semaines, une enquête administrative interne est déclenchée, puis une procédure judiciaire est engagée. Plusieurs salariées dénoncent alors un climat toxique dans la crèche, où trois collègues multipliaient, selon elles, les gestes violents et les humiliations sur des nourrissons et des tout-petits. Mais la justice ne parvient à retenir que 6 cas sur une vingtaine évoqués. Pour les autres, les témoignages, bien que concordants, ne suffisent pas à établir les faits avec certitude. Une décision difficile à encaisser pour les familles, comme Angeline Roncalli, mère de deux enfants : « Mon fils pleurait pour ne pas aller à la crèche… Il aurait été projeté sur un canapé, insulté… Mais on n’a aucune preuve, juste des témoignages. » Comme une quinzaine d’autres parents, elle s’était constituée partie civile. Beaucoup n’ont pas été reconnus comme victimes.

Des peines avec sursis et des interdictions de travailler avec des enfants

Le tribunal a prononcé des peines allant de 6 à 10 mois de prison avec sursis, assorties d’interdictions temporaires de travailler au contact de mineurs. Les trois ex-employées, âgées de 33 à 56 ans, nient les faits. Leurs avocates dénoncent un traitement judiciaire expéditif. « Deux mois d’enquête pour une affaire aussi grave, c’est trop peu », souligne l’une d’elles. Parents et employeur disposent désormais de dix jours pour faire appel. Mais une chose est certaine : pour de nombreuses familles, la confiance dans l’institution a été brisée. Et les séquelles, elles, ne s’effacent pas aussi vite qu’un jugement.

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