SOCIÉTÉ Histoire

C’était un 1er octobre: il y a 80 ans jour pour jour, le procès de Nuremberg rendait son verdict, 12 hauts responsables nazis condamnés à mort

C’était un 1er octobre: il y a 80 ans jour pour jour, le procès de Nuremberg rendait son verdict, 12 hauts responsables nazis condamnés à mort
C’était un 1er octobre: il y a 80 ans jour pour jour, le procès de Nuremberg rendait son verdict, 12 hauts responsables nazis condamnés à mort

Le 1er octobre 1946, il y a exactement 80 ans aujourd’hui, le Tribunal militaire international de Nuremberg achevait le procès historique des principaux dirigeants du IIIe Reich encore en mesure d’être jugés. Après plus de dix mois d’audiences, 19 des 22 accusés jugés furent reconnus coupables. Douze furent condamnés à mort, trois à la réclusion à perpétuité et quatre à des peines de prison allant de 10 à 20 ans. Trois hommes furent acquittés. 

Ouvert le 20 novembre 1945, quelques mois seulement après la capitulation de l’Allemagne nazie, le procès de Nuremberg avait placé devant leurs juges une partie des principaux responsables politiques, militaires et administratifs du régime d’Adolf Hitler.

22 dirigeants nazis jugés après la chute du IIIe Reich

Le Tribunal militaire international avait été créé par l’accord de Londres du 8 août 1945, conclu entre les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Union soviétique. Chacune des quatre puissances alliées était représentée au sein du tribunal. 

À Nuremberg, les accusés devaient notamment répondre de crimes contre la paix, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Une quatrième accusation concernait la participation à un plan concerté ou à un complot visant à commettre les crimes définis par le statut du tribunal. 

Adolf Hitler, Heinrich Himmler et Joseph Goebbels étaient morts avant l’ouverture du procès. Hermann Göring, ancien commandant en chef de la Luftwaffe et l’un des personnages les plus puissants du régime, était donc le plus haut responsable nazi présent parmi les accusés. Martin Bormann, ancien secrétaire du Parti nazi, fut pour sa part jugé en son absence. 

Göring, Ribbentrop, Keitel : 12 condamnations à mort

Le jugement fut lu les 30 septembre et 1er octobre 1946. Le 1er octobre, les peines furent officiellement prononcées.

Douze accusés furent condamnés à mort par pendaison : Hermann Göring, Joachim von Ribbentrop, Wilhelm Keitel, Ernst Kaltenbrunner, Alfred Rosenberg, Hans Frank, Wilhelm Frick, Julius Streicher, Fritz Sauckel, Alfred Jodl, Arthur Seyss-Inquart et Martin Bormann, ce dernier étant condamné par contumace. 

Lorsque son tour arriva, Göring entendit le président du tribunal prononcer sa sentence : « Le Tribunal militaire international vous condamne à mort par pendaison. » 

Trois autres accusés, Rudolf Hess, Walter Funk et Erich Raeder, furent condamnés à la prison à vie. Baldur von Schirach et Albert Speer écopèrent de 20 ans de prison, Konstantin von Neurath de 15 ans et Karl Dönitz de 10 ans. 

Trois accusés acquittés

Le procès ne déboucha pas sur la condamnation de tous les hommes présents dans le box. Hjalmar Schacht, ancien ministre de l’Économie et président de la Reichsbank, Franz von Papen, ancien chancelier allemand, et Hans Fritzsche, responsable de la propagande radiophonique, furent acquittés. 

Au total, le bilan judiciaire du premier grand procès de Nuremberg fut donc de 19 condamnations et trois acquittements.

Le Tribunal déclara également criminelles plusieurs structures du régime nazi : le corps des chefs politiques du Parti nazi, la Gestapo, la SS et le SD. 

Göring se suicide quelques heures avant son exécution

Les condamnations à mort devaient être exécutées le 16 octobre 1946. Mais Hermann Göring ne monta jamais sur l’échafaud. Dans la nuit précédant son exécution, il se suicida dans sa cellule en absorbant du cyanure.

Martin Bormann, condamné en son absence, ne pouvait évidemment pas être exécuté. On établira bien plus tard qu’il était mort à Berlin dans les derniers jours de la guerre.

Les dix autres condamnés à mort furent pendus le 16 octobre. Leurs corps furent ensuite incinérés et leurs cendres dispersées dans l’Isar afin d’éviter que leurs tombes ne deviennent des lieux de rassemblement. 

Un procès qui pose les bases d’une justice pénale internationale

Nuremberg ne fut pas le seul procès organisé après la Seconde Guerre mondiale. D’autres procédures furent engagées contre des responsables nazis, des membres des Einsatzgruppen, des médecins, des gardiens de camps de concentration et différents acteurs de l’appareil du IIIe Reich. 

Mais le procès ouvert en novembre 1945 occupe une place particulière dans l’histoire judiciaire. Pour la première fois, un tribunal international constitué par plusieurs États jugeait individuellement les principaux dirigeants d’un régime pour des crimes commis à une échelle considérable.

Le principe selon lequel un responsable ne pouvait pas échapper à sa responsabilité pénale en affirmant qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres de ses supérieurs fut également consacré par le Tribunal. 

Le 1er octobre 1946, moins d’un an et demi après la chute du IIIe Reich, les principaux accusés encore vivants connaissaient ainsi leur sort. 80 ans plus tard, le verdict de Nuremberg demeure l’une des dates fondatrices de l’histoire de la justice pénale internationale.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une