Soixante-dix ans après le premier congrès international des écrivains et artistes noirs, organisé en 1956 à la Sorbonne à Paris, l’université revient sur cet événement majeur de l’histoire intellectuelle et culturelle du XXe siècle. Initié par Alioune Diop, fondateur de la revue et maison d’édition Présence Africaine, le rassemblement avait réuni de nombreux écrivains, artistes et intellectuels noirs, parmi lesquels Aimé Césaire et Frantz Fanon.
Organisé dans l’amphithéâtre Descartes, le congrès avait abordé plusieurs grandes questions liées à la colonisation, au racisme, aux cultures noires et à la place des peuples colonisés dans le monde. Souvent présenté comme un « Bandung culturel », en référence à la conférence de Bandung de 1955 qui avait marqué le mouvement de décolonisation, il avait contribué à donner une visibilité internationale aux réflexions portées par les intellectuels noirs.
Un hommage organisé sept décennies plus tard
Pour marquer les 70 ans de cette rencontre, la Sorbonne organise plusieurs événements consacrés à son histoire et à son héritage. Un colloque, une exposition photographique et une plaque commémorative ont notamment été programmés autour du congrès de 1956 et du rôle joué par Présence Africaine. La plaque commémorative a été inaugurée le 18 septembre en présence de membres de la famille d’Alioune Diop. Elle doit être installée durablement sur les murs de l’université afin de rappeler la tenue du premier congrès international des écrivains et artistes noirs dans l’établissement.
L’exposition rassemble des photographies réalisées lors du congrès de 1956 ainsi que des œuvres d’artistes contemporains. Les différentes rencontres organisées à la Sorbonne mettent également en relation l’histoire de cet événement avec les questions qui concernent aujourd’hui les écrivains et artistes issus des mondes africains et de leurs diasporas. Le congrès de 1956 demeure ainsi associé à une période de profondes transformations politiques et culturelles, marquée par les mouvements de décolonisation et l’affirmation de nouvelles expressions intellectuelles. Sept décennies plus tard, la Sorbonne entend préserver la mémoire de cette rencontre et mettre en lumière son influence sur les pensées littéraires, artistiques et politiques liées aux cultures noires.

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