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Ça s’est passé un 2 novembre: en 1979, Jacques Mesrine est criblé de balles par la police en plein Paris

Ça s’est passé un 2 novembre: en 1979, Jacques Mesrine est criblé de balles par la police en plein Paris
Ça s’est passé un 2 novembre: en 1979, Jacques Mesrine est criblé de balles par la police en plein Paris

Le 2 novembre 1979, à 15h15, Jacques Mesrine, considéré comme l’ennemi public numéro un en France, est abattu par la police porte de Clignancourt, à Paris. Au volant de sa BMW, le célèbre gangster tombe dans un guet-apens organisé par les hommes du commissaire Robert Broussard. En quelques secondes, une pluie de balles met fin à dix-huit mois de cavale. Il a 42 ans. Sa compagne, assise à ses côtés, est grièvement blessée. Les circonstances de cette opération policière vont provoquer une polémique qui durera plusieurs décennies.

15h15 : un camion surgit devant la BMW de Mesrine

Ce vendredi 2 novembre 1979, Jacques Mesrine quitte son appartement de la rue Belliard, dans le 18e arrondissement de Paris. Il est accompagné de Sylvia Jeanjacquot, sa dernière compagne. Le couple prévoit de partir en week-end. Mesrine ignore que les policiers ont retrouvé sa trace et préparent son arrestation depuis plusieurs jours.

Au volant de sa BMW, il arrive porte de Clignancourt. La circulation est dense. Soudain, un camion bâché se positionne devant son véhicule, tandis que plusieurs voitures de police lui barrent toute possibilité de fuite.

La bâche du camion se soulève. Des policiers lourdement armés apparaissent et ouvrent le feu. Le pare-brise de la BMW vole en éclats sous les impacts. Mesrine s’effondre sur son volant, mortellement touché. Il n’a pas le temps d’utiliser son pistolet. Sylvia Jeanjacquot, atteinte notamment à la tête, parvient à sortir du véhicule avant de s’écrouler sur la chaussée.

La fusillade ne dure que quelques secondes. Les policiers viennent de mettre fin à la cavale du criminel le plus recherché de France.

Une traque acharnée depuis son évasion de la prison de la Santé

Pour comprendre cette opération, il faut remonter au 8 mai 1978. Ce jour-là, Jacques Mesrine réussit à s’évader de la prison de la Santé, à Paris, avec François Besse et Carman Rives. Cette fuite constitue un affront considérable pour les autorités françaises.

Mesrine multiplie ensuite les braquages, les provocations et les apparitions médiatiques. Il revendique ouvertement son statut d’ennemi public numéro un et n’hésite pas à défier les policiers chargés de le retrouver.

Son parcours criminel est déjà particulièrement violent. Braquages, enlèvements, prises d’otages et fusillades ont jalonné sa carrière en France et au Canada. Derrière l’image du gangster provocateur se trouve un homme dangereux, prêt à employer les armes pour échapper à son arrestation.

Le 10 septembre 1979, il franchit un nouveau cap en enlevant le journaliste Jacques Tillier, qu’il accuse d’avoir écrit des articles hostiles à son sujet. Il l’emmène dans la forêt d’Halatte, dans l’Oise, le torture et lui tire dessus à plusieurs reprises. Le journaliste survit miraculeusement.

Cette agression renforce la détermination des enquêteurs. À la fin du mois d’octobre, les policiers parviennent à localiser Mesrine dans son appartement parisien. Ils choisissent de l’intercepter lorsqu’il prendra sa voiture.

Exécution ou légitime défense ? La mort de Mesrine déclenche une polémique

Dès l’annonce de sa mort, les circonstances de la fusillade suscitent des interrogations. Mesrine était armé d’un pistolet Browning et transportait également des grenades dans sa voiture. Mais il n’a tiré aucun coup de feu contre les policiers.

Selon les autorités, les hommes de la brigade antigang ont agi en état de légitime défense face à un criminel particulièrement dangereux. Les policiers affirment avoir effectué les sommations nécessaires et avoir aperçu un geste menaçant du conducteur.

Plusieurs témoins contestent cette version. Ils assurent que les policiers ont ouvert le feu immédiatement, sans laisser à Mesrine la possibilité de se rendre.

Les photographies de la BMW, dont le pare-brise est perforé de nombreux impacts, font le tour de la presse. Les comptes rendus divergent sur le nombre exact de projectiles, mais tous témoignent de la violence de la fusillade.

La famille de Mesrine dépose plainte pour assassinat. Une longue bataille judiciaire s’engage. En 2004, un juge d’instruction prononce finalement un non-lieu, estimant que les policiers ont agi en état de légitime défense. Cette décision est confirmée en appel en 2005.

Robert Broussard, le commissaire qui a mis fin à la cavale

À la tête de la brigade de recherche et d’intervention de Paris, Robert Broussard est devenu l’un des policiers les plus célèbres de France grâce à sa lutte contre le grand banditisme.

Il connaît déjà Mesrine. En 1973, il a participé à son arrestation dans un appartement parisien. Le gangster, qui avait alors accepté de se rendre, avait même partagé du champagne avec les policiers.

Six ans plus tard, les retrouvailles sont autrement violentes. Broussard supervise le dispositif de la porte de Clignancourt et donne le signal de l’opération. Il ne se trouve toutefois pas parmi les tireurs dissimulés dans le camion.

La mort de Mesrine représente une victoire considérable pour la police judiciaire, mais les méthodes employées resteront contestées.

Un gangster devenu une légende du cinéma français

La disparition de Jacques Mesrine, à seulement 42 ans, met un terme à une carrière criminelle commencée bien avant les années 1970. Son goût de la provocation, ses évasions et ses relations avec les médias ont contribué à construire sa notoriété.

Son histoire inspire plusieurs livres, documentaires et films. En 2008, Vincent Cassel l’incarne dans deux longs-métrages réalisés par Jean-François Richet, L’Instinct de mort et L’Ennemi public n° 1. Cette interprétation lui vaut le César du meilleur acteur en 2009.

Jacques Mesrine est enterré le 9 novembre 1979 au cimetière de Clichy, dans les Hauts-de-Seine. Sa tombe continue de recevoir des visiteurs, plusieurs décennies après la fusillade de la porte de Clignancourt.

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