Après un simple léchage de son chien, une femme amputée des quatre membres
Après un simple léchage de son chien, une femme amputée des quatre membres 

Un geste banal, un instant de tendresse avec son chien, puis l’effondrement. En juillet 2025, la vie de Manjit Sangha, ancienne pharmacienne de Birmingham, a basculé en moins de vingt-quatre heures. Victime d’un choc septique foudroyant, elle a survécu au prix d’une quadruple amputation. Aujourd’hui, elle témoigne pour sensibiliser au danger du sepsis, une urgence médicale encore trop méconnue.

Tout commence un week-end ordinaire. Une petite coupure, un léchage de son chien, rien d’inquiétant en apparence. Le lundi soir, elle est retrouvée inconsciente sur son canapé, les lèvres bleutées, les membres glacés. Les médecins identifient rapidement un choc septique, une réaction généralisée de l’organisme face à une infection devenue incontrôlable.

Le sepsis survient lorsque l’infection ne reste pas localisée mais se diffuse dans tout le corps, provoquant un dysfonctionnement des organes vitaux. Certaines bactéries présentes dans la salive canine peuvent coloniser la peau sans symptôme. Mais si elles pénètrent dans l’organisme via une lésion cutanée, même minime, elles peuvent déclencher une infection sévère.

Une aggravation fulgurante en quelques heures

Dans le cas de Manjit Sangha, l’infection évolue vers une coagulation intravasculaire disséminée, une complication où le sang forme des caillots dans les petits vaisseaux. Cette obstruction entraîne une nécrose rapide des extrémités. Malgré une prise en charge médicale rapide, son état se dégrade brutalement, avec plusieurs arrêts cardiaques avant stabilisation.

Les spécialistes rappellent que la rapidité d’intervention est déterminante. L’administration précoce d’antibiotiques augmente significativement les chances de survie. Chaque heure de retard réduit les probabilités de récupération. Les signes d’alerte peuvent inclure une confusion soudaine, une fièvre élevée, une peau marbrée ou l’apparition de taches rouges ou violacées qui ne disparaissent pas à la pression.

Pour sauver sa vie, les chirurgiens n’ont eu d’autre choix que d’amputer les deux jambes sous le genou et les deux mains. La rate a également été retirée. Après trente-deux semaines d’hospitalisation, elle a pu regagner son domicile.

Un long chemin de reconstruction

La survivante entame désormais une rééducation intensive. Une collecte de fonds a été lancée pour financer des prothèses bioniques avancées. Son objectif est clair, retrouver une autonomie maximale et reprendre une activité professionnelle.

Son histoire met en lumière la violence du sepsis, qui peut frapper des personnes sans pathologie préalable. Si les cas liés à des bactéries présentes dans la salive canine restent rares, ils rappellent que toute infection, même apparemment bénigne, peut évoluer rapidement.

Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de surveiller toute plaie, de consulter en cas de symptômes inhabituels et de ne pas sous-estimer une dégradation rapide de l’état général. Le sepsis demeure une urgence absolue. À travers son témoignage, Manjit Sangha rappelle qu’une infection peut devenir dramatique en quelques heures. Son combat pour se reconstruire s’accompagne d’un message simple, reconnaître les signes d’alerte peut sauver une vie.

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