L’organisation des maternités françaises doit évoluer pour garantir la sécurité des femmes et des nouveau-nés. C’est le constat du rapport de septembre 2026 signé par Marie-Pierre Bonnet, Elsa Kermorvant et Loïc Sentilhes. Les trois médecins jugent difficilement soutenable la permanence des soins dans certaines structures à faible activité, confrontées à des pénuries de professionnels et à une dépendance aux remplacements temporaires.
Cette réflexion intervient alors que l’offre obstétricale s’est déjà fortement concentrée. Selon la Drees, la France comptait 445 maternités en 2024, soit 88 de moins qu’en 2014. Ces établissements disposaient de 13 700 lits d’obstétrique et avaient réalisé 646 100 accouchements. Sur cette décennie, le nombre de maternités a diminué de 16,5 %, tandis que leur activité reculait de 19,4 %, dans un contexte de baisse de la natalité.
Des équipes à stabiliser avant toute réorganisation
Une maternité doit pouvoir répondre aux urgences à toute heure, même lorsque son activité quotidienne est réduite. Les auteurs soulignent le poids de cette organisation sur les équipes et les dépenses liées à l’intérim. Ils mettent également en garde contre les fermetures précipitées : les établissements voisins doivent alors accueillir davantage de patientes, parfois sans renfort de personnel ni capacités supplémentaires. Ils préconisent donc d’anticiper les restructurations.
Le seuil de 300 naissances annuelles figure parmi les critères envisagés pour un futur référentiel national. Mais l’analyse proposée tient aussi compte de la stabilité des équipes, des résultats de sécurité, de la disponibilité des spécialistes et de l’accessibilité géographique. Les contraintes de montagne, d’insularité ou d’éloignement doivent être examinées. Le rapport ne réduit donc pas la décision de maintenir une activité d’accouchement à son seul volume annuel.
Maintenir un suivi de proximité, améliorer les parcours
Les centres périnataux de proximité constituent une piste pour préserver des consultations et un accompagnement local lorsque l’activité d’accouchement est réorganisée. Le ministère de la Santé avait déjà indiqué, en juillet, vouloir développer ces structures pour améliorer l’accès aux soins quotidiens et programmés. Leur intérêt dépend toutefois de leur articulation avec les maternités et les professionnels du territoire : conserver un lieu de consultation ne règle pas, à lui seul, la question de l’accès à l’accouchement.
La dégradation des indicateurs de santé infantile appelle également une réponse plus large. Dans un rapport distinct publié en août 2026, l’Inspection générale des affaires sociales décrit un phénomène associant facteurs démographiques, sociaux et économiques. Elle estime qu’aucun modèle territorial unique ne peut être présenté comme optimal et recommande de renforcer la prévention pendant la grossesse ainsi que la prise en charge des nouveau-nés vulnérables. Le débat dépasse ainsi les économies attendues : il porte sur la capacité à garantir un parcours accessible et sûr dans chaque territoire.

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