L’Assurance Maladie veut faire entrer un peu plus la carte Vitale dans les smartphones. Ce mardi 22 septembre, plus de 1 000 pharmacies participent à une journée nationale consacrée à l’application carte Vitale, avec la présence d’agents de l’Assurance Maladie dans certaines officines pour aider les assurés à l’installer, l’activer et l’utiliser directement au comptoir. Déployée sur l’ensemble du territoire depuis novembre 2025, l’application revendique désormais plus de 3,5 millions d’activations, avec environ 200 000 nouveaux utilisateurs chaque mois. Mais le message des autorités reste clair : la version numérique complète la carte physique, elle ne la remplace pas.
Concrètement, l’activation est ouverte aux assurés à partir de 16 ans. Deux méthodes existent. La première passe par France Identité pour les personnes majeures disposant de la nouvelle carte nationale d’identité électronique. La seconde repose sur une vérification à distance, avec une vidéo du visage et du document d’identité contrôlée par un opérateur. Une fois l’application activée, l’assuré déverrouille sa carte Vitale numérique avec son mot de passe ou la biométrie de son téléphone, puis présente un QR Code au professionnel de santé. Lorsque le matériel le permet, la transmission peut également s’effectuer en NFC, en approchant simplement le smartphone du lecteur.
Au comptoir, une adoption déjà massive mais pas encore universelle
La pharmacie est aujourd’hui le terrain où l’usage semble le plus avancé. Selon l’Assurance Maladie, 90 % des officines utilisent déjà l’application carte Vitale et près d’un million de facturations ont été réalisées par ce biais. Elle permet notamment de récupérer les informations nécessaires au tiers payant lorsque l’assuré n’a pas sa carte physique sur lui et de consulter les dernières dépenses enregistrées avec l’application. En revanche, tous les professionnels de santé ne disposent pas encore d’un équipement compatible. L’Assurance Maladie renvoie donc vers son annuaire santé pour identifier les médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes ou sages-femmes acceptant la carte dématérialisée.
Reste la question de ceux pour qui la dématérialisation n’a rien d’évident. Entre la vérification d’identité, l’utilisation de France Identité, les éventuels blocages techniques et la nécessité de manipuler son téléphone au moment des soins, le dispositif peut rester intimidant pour une partie des assurés, notamment les personnes peu familières des démarches numériques. C’est précisément l’un des enjeux de la journée organisée dans les pharmacies : offrir un accompagnement humain plutôt que présenter le smartphone comme un passage obligé. Ceux qui préfèrent continuer à utiliser leur carte Vitale traditionnelle peuvent le faire sans changement. Le succès de l’application se jouera donc moins sur la disparition de la carte verte que sur sa capacité à devenir une alternative réellement simple au quotidien.

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