La France a enregistré 259 416 interruptions volontaires de grossesse en 2025, soit 7 219 de plus qu’en 2024. Le taux de recours atteint désormais 17,8 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, contre 17,3 un an auparavant. Après le recul observé pendant les années marquées par le Covid, la hausse se poursuit sans interruption depuis 2022 et concerne l’ensemble des classes d’âge. Les taux restent particulièrement élevés chez les 25-29 ans, avec 30,3 IVG pour 1 000 femmes, devant les 20-24 ans, à 29,7.
Cette progression ne peut toutefois pas être ramenée à une cause unique. Elle intervient d’abord après deux années atypiques, 2020 et 2021, durant lesquelles les comportements, les relations sociales et l’accès aux soins avaient été bouleversés par la pandémie. Dans le même temps, l’accès à l’IVG a été élargi. Depuis 2022, le délai légal pour une IVG instrumentale est passé de 12 à 14 semaines de grossesse, l’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à sept semaines de grossesse hors établissement et la téléconsultation est désormais possible. Cet élargissement du dispositif facilite l’accès aux soins, même si l’allongement du délai légal ne concerne directement qu’une faible proportion des interventions et ne suffit donc pas à expliquer, à lui seul, la hausse globale.
L’IVG médicamenteuse devient largement majoritaire
La transformation la plus spectaculaire concerne les modalités de prise en charge. En 2001, moins d’une IVG sur trois était médicamenteuse. En 2025, cette méthode représente désormais 81 % des interventions. Le recours à l’hôpital recule parallèlement : alors que les IVG étaient encore toutes réalisées en établissement de santé au début des années 2000, seulement 53 % y ont lieu aujourd’hui. Cabinets libéraux, centres de santé et structures de proximité occupent une place croissante. Les sages-femmes jouent notamment un rôle de plus en plus important : leur activité dans ce domaine a encore augmenté de 15 % en un an et elles réalisent désormais une part importante des interruptions de grossesse.
Les moyennes nationales masquent enfin de profondes différences territoriales. Le taux de recours reste environ deux fois plus élevé dans les territoires ultramarins qu’en métropole. Dans l’Hexagone même, les écarts sont considérables, avec un recours environ deux fois plus fréquent en Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’en Pays de la Loire. Le record de 2025 raconte donc autant une augmentation du nombre d’IVG qu’une profonde évolution de leur prise en charge. Plus accessibles hors de l’hôpital, davantage médicamenteuses et assurées par un nombre croissant de professionnels, les interruptions volontaires de grossesse sont progressivement devenues un soin beaucoup plus décentralisé qu’il y a vingt ans.

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