La lutte contre le narcotrafic a permis à l’État français de récupérer 79 millions d’euros en 2024, selon les chiffres publiés ce mercredi par l’Agrasc, l’agence chargée de la gestion des avoirs saisis. Un montant conséquent, mais dérisoire face aux profits colossaux générés par le trafic de drogue en France, estimés entre 3,5 et 6 milliards d’euros par an.
Dans le détail, les saisies liées au narcotrafic atteignent 95 millions d’euros avant jugement, mais toutes ne sont pas définitivement confisquées, la loi imposant d’attendre une décision judiciaire finale. La majorité des saisies concerne du numéraire, à hauteur de 60 %, soit 57,9 millions d’euros, devant les biens immobiliers (24 %) et les comptes bancaires (10 %). Les cryptomonnaies, bien que marginales, sont en nette progression, avec une hausse de 23 %.
Les saisies ne profitent pas uniquement au Trésor public. En 2024, 337 biens saisis, allant des véhicules aux équipements informatiques, ont été réaffectés aux forces de l’ordre. Une façon pour l’État de renforcer les moyens de lutte contre la criminalité avec les ressources confisquées aux trafiquants.
Mais surtout, l’essentiel des fonds confisqués est réinjecté dans la prévention. 50,9 millions d’euros ont ainsi été versés à la Mildeca, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, un montant en hausse constante depuis la création de l’Agrasc en 2011. Une manière pour les pouvoirs publics de riposter sur tous les fronts face à un fléau toujours plus lucratif.
