Vous les croisez tous les jours sur les trottoirs, dans les couloirs du métro, et pire encore, au milieu des passages piétons. Les « smombies », contraction de « smartphone » et « zombies », sont ces piétons ultra-connectés qui avancent tête baissée, absorbés par leur écran, parfois les oreilles couvertes par un casque audio. Ce phénomène, autrefois anecdotique, a pris une ampleur préoccupante, au point de devenir un véritable enjeu de sécurité publique.
Une enquête menée par par l’institut YouGov pour Ford, révèle des chiffres qui font froid dans le dos : 65 % des piétons avouent consulter leur téléphone en marchant. Cette tendance, en forte hausse ces dernières années, n’est pas sans conséquences. À Séoul, en Corée du Sud, 61 % des accidents de la route impliquant des piétons seraient directement liés à ce comportement, selon l’enseignant et conférencier Hubert Beroche.
Face à cette problématique, certaines villes ont dû prendre des mesures innovantes. À Séoul, des feux tricolores lumineux ont été installés directement sur le sol afin d’alerter les smombies sans qu’ils aient à lever la tête. En Chine, Chongqing a même créé une « voie piétonne pour smombies », similaire aux pistes cyclables, afin d’éviter les collisions avec les autres passants. En Allemagne, la ville de Reutlingen a installé des panneaux humoristiques pour sensibiliser les piétons ultra-connectés.
D’autres villes ont opté pour des sanctions plus strictes : à Honolulu, à Hawaï, il est désormais interdit de traverser la rue tout en regardant son téléphone sous peine d’amende. Une initiative qui pourrait bien se généraliser dans d’autres pays si le phénomène continue de s’intensifier.