Plus de 50 publicités comportant des images pédocriminelles générées par intelligence artificielle auraient été diffusées sur Facebook, Instagram, Messenger et Threads. Ces annonces payantes ont été publiées entre novembre 2025 et le début du mois d’août 2026, certaines étant encore actives au moment de leur découverte. Elles ont ciblé des internautes aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plus d’une dizaine de pays européens.
Plusieurs campagnes faisaient la promotion d’applications capables de modifier des photographies, de déshabiller artificiellement des personnes ou d’insérer leur visage dans des contenus pornographiques. Au moins une publicité aurait atteint 2 563 comptes en Europe, mais l’audience totale pourrait être plus importante, les données disponibles étant incomplètes pour certains territoires. Cette affaire suscite une vive inquiétude puisque les annonces publicitaires de Meta sont normalement contrôlées avant leur diffusion, principalement au moyen d’outils automatisés.
Les systèmes de modération de Meta mis en cause
Meta a supprimé les publicités après leur signalement, reconnaissant qu’elles enfreignaient ses règles sur l’exploitation sexuelle des mineurs, la nudité et les sollicitations sexuelles. Le groupe affirme travailler activement à empêcher la diffusion de tels contenus et avoir retiré plus de 36 millions de publications liées à l’exploitation sexuelle des enfants au cours de l’année précédente. Il assure également avoir déployé de nouveaux systèmes d’intelligence artificielle pour détecter les annonces interdites dès leur téléchargement.
L’efficacité de ces dispositifs reste cependant contestée, car certaines publicités identiques seraient réapparues après avoir déjà été supprimées. Plusieurs annonces renvoyaient vers l’application MaskAI, retirée de l’App Store après la découverte de fonctionnalités permettant de créer des contenus sexuels artificiels. L’affaire illustre la capacité des réseaux malveillants à multiplier les comptes, les domaines et les annonceurs afin de contourner les contrôles, tout en soulignant la nécessité d’une surveillance humaine renforcée des publicités diffusées sur les grandes plateformes.
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