Emmanuel Macron et Pedro Sanchez ont affiché mercredi 30 septembre à Madrid une position commune en faveur d’un budget européen plus important pour la période 2028-2034. Au deuxième jour de la visite d’État du président français en Espagne, les deux dirigeants ont défendu une hausse de la capacité d’investissement de l’Union européenne, notamment pour financer l’innovation, la compétitivité et la réindustrialisation. Cette prise de position intervient alors que la Commission européenne a proposé un cadre financier pluriannuel proche de 2 000 milliards d’euros sur sept ans, soit environ 1,26 % du revenu national brut de l’Union.
Emmanuel Macron a notamment plaidé pour davantage de ressources propres afin de limiter l’augmentation des contributions directes des États membres. La Commission a déjà proposé cinq nouvelles sources de recettes européennes, issues notamment du marché carbone, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, des déchets électroniques non collectés, du tabac et d’une contribution de certaines grandes entreprises. Elles doivent aussi contribuer au remboursement de la dette contractée dans le cadre du plan de relance européen post-Covid.
Paris et Madrid veulent davantage investir dans l’innovation
Le chef de l’État français a également remis sur la table la question du rythme de remboursement de la dette commune contractée pendant la pandémie. Il estime que l’Union doit examiner la possibilité d’en prolonger certaines échéances afin de dégager davantage de marges pour les investissements futurs. Le prochain budget européen prévoit déjà 409 milliards d’euros destinés à la compétitivité, à la recherche et à l’innovation, qui figurent parmi les principales priorités du projet présenté par Bruxelles.
Pedro Sanchez a dit partager cette approche et a appelé lui aussi à un budget plus ambitieux. Les négociations s’annoncent néanmoins difficiles, puisque le prochain cadre financier devra être approuvé à l’unanimité par les États membres au Conseil, avec le consentement du Parlement européen. Les discussions doivent se poursuivre jusqu’en 2027 avant l’entrée en vigueur du nouveau budget en janvier 2028.
Des nuances persistantes face à la Chine
Paris et Madrid affichent également une volonté commune de renforcer la compétitivité industrielle européenne, même si leurs positions divergent davantage sur la Chine. Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de mieux protéger les entreprises européennes face à la concurrence chinoise, tout en évitant une guerre commerciale. Pedro Sanchez défend pour sa part une approche plus ouverte aux investissements chinois, notamment dans l’automobile, tout en reconnaissant le problème posé par le déficit commercial européen avec Pékin.
Les deux dirigeants se retrouvent toutefois sur un objectif : obtenir davantage de transferts de technologies vers l’Europe et renforcer la capacité du continent à produire sur son propre sol. Derrière le débat budgétaire se dessine donc un enjeu plus large de souveraineté économique, alors que l’Union européenne cherche à financer simultanément sa défense, sa transition énergétique, ses infrastructures et son retard en matière d’innovation.

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