POLITIQUE Justice et scandales 

Accusé d’antisémitisme, par Mediapart, Jordan Bardella défendu par son ex-compagne de confession juive: «Je ne l’ai jamais entendu tenir le moindre propos antisémite»

Accusé d’antisémitisme, par Mediapart, Jordan Bardella défendu par son ex-compagne de confession juive: «Je ne l’ai jamais entendu tenir le moindre propos antisémite»
Accusé d’antisémitisme, par Mediapart, Jordan Bardella défendu par son ex-compagne de confession juive: «Je ne l’ai jamais entendu tenir le moindre propos antisémite»

D’origine juive, Kelly Betesh, qui a partagé la vie de Jordan Bardella pendant deux ans à l’époque concernée par les accusations portées contre le président du Rassemblement national, a pris publiquement sa défense. Elle assure ne l’avoir «jamais entendu tenir le moindre propos antisémite» et affirme qu’elle n’aurait pas pu vivre avec lui si cela avait été le cas.

Son témoignage arrive après l’enquête de Mediapart, qui attribue à Jordan Bardella des propos antisémites et complotistes remontant à ses débuts au Front national, entre 2013 et 2015. Le média affirme disposer de dizaines de conversations écrites et les avoir authentifiées « de manière indépendante ». Le Financial Times précise cependant que Mediapart n’a pas rendu publics les messages dans leur intégralité. Jordan Bardella conteste formellement les accusations et dénonce une « opération de barbouzerie »⁠. 

Kelly Betesh avait par ailleurs publiquement fait référence à ses origines familiales. En 2017, sur son compte Instagram, elle avait publié la photographie d’un bracelet auquel étaient suspendues une étoile de David et une croix, accompagnée du hashtag #SangMêlé.

« J’ai partagé la vie de Jordan pendant deux ans »

Face aux nombreux messages qu’elle dit recevoir depuis le début de l’affaire, Kelly Betesh a choisi de prendre publiquement la parole. Elle rappelle avoir été la compagne de Jordan Bardella pendant deux ans, précisément à l’époque sur laquelle portent aujourd’hui les accusations : « Puisque je reçois énormément de messages à ce sujet, je préfère répondre une seule fois et publiquement. »

Elle précise ensuite : « J’ai partagé la vie de Jordan pendant deux ans, précisément à l’époque dont il est question. Nous passions l’essentiel de notre temps ensemble, entre amis ou lors d’événements politiques. »

La période est importante. Mediapart affirme que les premières conversations dont il dit disposer remontent à l’été 2013. Jordan Bardella, né le 13 septembre 1995, n’avait alors pas encore 18 ans. Le média assure s’appuyer sur « des dizaines de conversations écrites », qu’il dit avoir authentifiées « de manière indépendante ». 

« Je ne l’ai jamais entendu tenir le moindre propos antisémite »

Kelly Betesh répond directement aux accusations visant son ancien compagnon en se fondant sur les deux années qu’elle dit avoir passées à ses côtés : « Je ne l’ai jamais entendu tenir le moindre propos antisémite, ni exprimer de convictions allant dans ce sens. Et, pour des raisons évidentes, je n’aurais tout simplement pas pu partager sa vie si cela avait été le cas. »

La référence à ces « raisons évidentes » prend un relief particulier au regard de ses origines et de ce qu’elle a elle-même affiché publiquement. Sa publication Instagram de 2017 montrait notamment une étoile de David et une croix sur le même bracelet, accompagnées du hashtag #SangMêlé.

Mediapart cite des messages, mais ne publie pas les conversations

C’est un élément important du dossier. Mediapart affirme avoir eu accès à des dizaines de conversations privées datant de 2013 à 2015 et en rapporte plusieurs passages attribués à Jordan Bardella. Parmi les propos cités figure notamment l’affirmation « Toutes les banques sont détenues par des juifs ». D’autres extraits rapportés évoquent Israël, Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali ou encore une prétendue domination bancaire. 

En revanche, les messages n’ont pas été rendus publics. Mediapart affirme avoir corroboré leur contenu auprès de personnes présentes au sein du parti à cette époque. Le média se dit également prêt à produire des documents corroborant son enquête si ses affirmations continuent d’être contestées. 

Jordan Bardella dénonce des « faux grossiers »

Jordan Bardella nie catégoriquement être l’auteur des propos qui lui sont attribués. Dans sa réponse à Mediapart, il affirme : « Je conteste formellement vos affirmations selon lesquelles j’aurais tenu, en public comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type. » 

Le président du RN parle de « faux grossiers » et d’une « opération de barbouzerie ». Invité sur CNews, il a également assuré que « ces propos sont parfaitement délirants » et « ne sont pas les miens »⁠.

Jordan Bardella a depuis annoncé le dépôt d’une plainte en diffamation contre Mediapart. Il affirme que si des documents qu’il estime falsifiés sont produits, ceux-ci feront également l’objet de poursuites pour faux. 

Kelly Betesh : « À force de réchauffer les mêmes histoires, même la polémique finit par être froide »

L’ancienne compagne de Jordan Bardella termine son message en visant ceux qui relaient aujourd’hui les accusations portant sur cette période de la vie du président du RN : « Quant à ceux qui préfèrent recycler les mêmes polémiques plutôt que faire un véritable travail d’information : il serait peut-être temps de renouveler le répertoire. À force de réchauffer les mêmes histoires, même la polémique finit par être froide. »

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