La justice française a reconnu comme crime contre l’humanité les rafles du Vieux-Port à Marseille menées en janvier 1943. Cette qualification juridique, réclamée depuis des années par les survivants et leurs descendants, intervient plus de 83 ans après les faits. Le procureur national antiterroriste Olivier Christen s’est rendu à Marseille pour rencontrer les derniers témoins et les familles des victimes. L’infraction est caractérisée à la fois pour les rafles elles-mêmes et pour le dynamitage du quartier orchestré par les nazis et le régime de Vichy.
Des milliers de victimes en trois jours
Entre le 22 et le 24 janvier 1943, l’opération Sultan avait provoqué le déplacement de 20 000 personnes. Parmi elles, 1 600 avaient été déportées, dont des juifs exterminés dans les camps. Un quartier entier avait été détruit par explosifs. L’ampleur de cette opération reste gravée dans la mémoire marseillaise comme l’un des épisodes les plus sombres de l’Occupation.
L’enquête n’a toutefois pas permis d’identifier de responsables encore vivants ayant participé aux événements. Cette reconnaissance mémorielle offre néanmoins une forme de réparation symbolique aux familles qui ont porté pendant des décennies le poids de ce drame. La qualification juridique établit désormais officiellement la nature criminelle de ces actes dans l’histoire française.

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