La Feria de Béziers bat son plein. Lancée mercredi, l’édition 2026 doit faire vivre la ville pendant cinq jours, jusqu’au dimanche 16 août, entre bodegas, musique, spectacles, rassemblements populaires et corridas. Comme chaque année, des centaines de milliers de visiteurs sont attendus dans les rues de la cité biterroise. Pour ouvrir les festivités, Robert Ménard a prononcé son traditionnel pregón devant une foule nombreuse. Le maire de Béziers a largement consacré son discours à la Feria, à l’identité de sa ville et à la culture méditerranéenne qu’il revendique. Mais il en a également profité pour multiplier les déclarations politiques, notamment sur les femmes, les féministes et les étrangers sous OQTF.
« La Méditerranée, c’est nous »
Robert Ménard a d’abord présenté la Feria comme beaucoup plus qu’une simple fête populaire. Pour le maire, l’événement est directement lié à l’identité de Béziers et à son appartenance au Sud. « La Méditerranée, c’est nous », a-t-il lancé devant le public. Dans son discours, Robert Ménard a revendiqué une ville fière de ses traditions et de sa manière de vivre. « Ici, nous sommes un peuple fort, un peuple libre », a-t-il déclaré.
Le maire a également parlé d’« amour », de « beauté », de « poésie », mais aussi de « résistance » et du refus de voir Béziers perdre ce qui la distingue des autres villes. « Nous sommes ce que nous sommes et nous y tenons, même si ça dérange », a-t-il insisté.
« Nous continuerons à aimer les femmes »
Robert Ménard a ensuite consacré un passage particulièrement remarqué de son discours aux femmes. Le maire a revendiqué une certaine conception de la culture méditerranéenne et du rapport entre les hommes et les femmes, taclant au passage à certaines féministes : « Ici, nous continuerons à aimer les femmes, le corps et le regard des femmes », a-t-il déclaré, avant de viser les « féministes à deux balles ». Une sortie courageuse, prononcée dans la continuité de son discours sur les traditions et sur une identité locale qu’il estime devoir être assumée, même lorsqu’elle suscite des critiques.
Une Feria indissociable des traditions de Béziers
La tauromachie occupe également une place importante dans cette conception de la Feria. Robert Ménard a déjà reconnu avoir personnellement « peu de goût » pour la corrida, tout en refusant catégoriquement sa disparition de l’événement. Pour le maire, les arènes et les corridas font partie de l’histoire et des traditions de Béziers. Il a ainsi résumé sa position par une comparaison : « Une feria sans corrida, c’est comme un bon plat sans sel. » Pendant cinq jours, la ville vit au rythme des animations, des concerts, des bodegas et des rendez-vous taurins. La Feria constitue chaque année l’un des événements les plus importants de Béziers et attire un public venu bien au-delà de l’Hérault.
« Les OQTF, on les renvoie chez eux »
Après la Feria, la Méditerranée et les traditions, Robert Ménard a donné une dimension beaucoup plus directement politique à son discours en abordant l’immigration. Le maire a évoqué les mariages célébrés à Béziers et les étrangers faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français : « Ici, on marie les gens qui sont en situation régulière et les OQTF, on les renvoie chez eux. » Une déclaration qui fait directement référence à l’affaire judiciaire dans laquelle le maire de Béziers est engagé depuis 2023.
Pour rappel, en juillet 2023, Robert Ménard avait refusé de célébrer le mariage d’une Française et d’un ressortissant algérien faisant l’objet d’une OQTF. Le maire avait publiquement assumé sa décision, estimant qu’il était contradictoire que l’État ordonne à une personne de quitter la France tout en obligeant un officier d’état civil à célébrer son mariage. L’union avait finalement été célébrée par un adjoint. Le refus de Robert Ménard a toutefois débouché sur des poursuites judiciaires. Un vrai scandale ! Le maire doit comparaître le 30 septembre devant le tribunal judiciaire de Montpellier. À quelques semaines de cette échéance, il n’a donc rien retiré de sa position et l’a de nouveau affirmée publiquement lors de l’ouverture de la Feria. Sous les acclamations du public, plus que jamais conquis par un maire courageux et fidèle à ses convictions, en toutes circonstances.