La sécheresse historique qui frappe le Danube contraint la Hongrie à mettre à l’arrêt complet la centrale nucléaire de Paks, qui assure plus de 40 % de la production électrique du pays. C’est la première fois depuis son ouverture que le site est totalement mis hors service.
Le Premier ministre hongrois Peter Magyar a annoncé samedi soir sur les réseaux sociaux l’arrêt total de la centrale nucléaire de Paks, situé à 120 kilomètres au sud de Budapest. La décision fait suite à une nouvelle baisse du niveau du Danube, dont les eaux servent à refroidir les réacteurs du site.
La centrale, qui fonctionne depuis 44 ans, produit en temps normal 2 000 mégawatts, soit plus de 40 % de l’électricité consommée en Hongrie. Sa production avait déjà été réduite en début de semaine, plusieurs réacteurs ayant été mis à l’arrêt progressivement. Dimanche, l’installation ne produisait plus que 240 mégawatts avant l’arrêt complet.
Le Danube traverse une crise hydrologique sans équivalent récent. Des mois de précipitations inférieures à la normale, combinés à des vagues de chaleur successives depuis mai, ont fait chuter le fleuve à des niveaux records. Mercredi matin, la hauteur d’eau mesurée à Budapest atteignait seulement 23 centimètres, contre un précédent plancher de 33 centimètres enregistré en 2018. L’autorité hongroise de l’eau prévoit une poursuite de la baisse dans les prochains jours.
Peter Magyar a prévenu que la centrale pourrait rester hors service pendant plusieurs semaines. Son gouvernement entend solliciter des réductions volontaires de consommation auprès des grands industriels, en plus des 240 mégawatts déjà promis, sous peine de sanctions. Un décret permettrait également à l’opérateur du réseau MAVIR d’imposer des baisses de consommation et de déconnecter temporairement les plus gros utilisateurs si la situation l’exige. « Les ménages seront les derniers à faire face à des restrictions », a précisé le Premier ministre.
Le surcoût lié aux importations d’électricité pourrait s’élever entre 120 et 240 milliards de forints, soit entre 315 et 630 millions de dollars, selon le vice-président du parti Tisza, Mark Radnai. Les températures attendues au-dessus de 38 degrés Celsius dans la région et l’absence de pluie prévue dans les prochains jours laissent peu d’espoir d’une reprise rapide.
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