L’ancien PriceMinister s’apprête à disparaître du paysage français du commerce en ligne. Rakuten France cessera son activité jeudi 1er octobre : à compter de cette date, les utilisateurs ne pourront plus réaliser de nouveaux achats ni de nouvelles ventes, indique une annonce affichée sur le site. La fermeture concerne également l’Espagne, dont l’activité dépend de la même structure. Environ 180 salariés sont concernés par l’arrêt de cette place de marché, qui accueille des vendeurs tiers dans des catégories allant de l’électronique aux vêtements.
La direction explique cette décision par une dégradation durable de l’activité et par la pression concurrentielle, notamment celle des plateformes asiatiques. Selon les chiffres qu’elle avance, le nombre de clients a diminué de 33 % en dix ans, tandis que le trafic a reculé de 42 %. Le groupe japonais avait engagé une recherche de repreneur, mais a annoncé en juillet que les négociations n’avaient pas permis de trouver une solution viable. Il affirme avoir évalué les propositions en fonction des emplois préservés, des conditions financières et de la capacité des candidats à maintenir l’activité dans la durée.
Pixmania conteste les conditions du rejet de son offre
Parmi les candidats, Pixmania a publiquement dénoncé le refus de sa proposition. Le spécialiste des produits technologiques assurait pouvoir conserver plusieurs dizaines d’emplois et bénéficier du soutien financier de ses actionnaires de référence, dont Xavier Niel. Il regrettait également de ne pas avoir pu présenter son projet aux salariés et mettait en doute la volonté réelle du groupe de céder l’activité. Ces critiques restent celles du repreneur écarté : de son côté, Rakuten soutient qu’aucune offre ne satisfaisait ses critères et précise que le comité social et économique avait lui aussi rendu un avis défavorable.
Cette fermeture illustre les difficultés d’une place de marché lorsque la baisse de fréquentation réduit progressivement son attractivité pour les vendeurs comme pour les acheteurs. Pixmania évoquait une activité réunissant plus de 2 500 vendeurs et représentant plus de 400 millions d’euros de volume d’affaires, un montant qui correspond aux transactions réalisées et non au chiffre d’affaires propre de Rakuten France. Le groupe japonais, qui avait racheté PriceMinister en 2010, conserve d’autres activités internationales. En France, l’arrêt des nouvelles transactions marque la fin d’une enseigne historique, sans que l’annonce reproduite précise les modalités de suivi des commandes déjà engagées.

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