Alex Karp, directeur général de Palantir, estime que la France risque de « se faire du mal » en confiant ses outils numériques sensibles à des entreprises nationales qui utiliseraient toujours des technologies américaines ou chinoises. Selon lui, choisir un intermédiaire français ne garantit pas une véritable indépendance si les modèles d’intelligence artificielle exploités restent développés et contrôlés à l’étranger.
Cette déclaration intervient après l’annonce de Sébastien Lecornu concernant le remplacement progressif du logiciel d’analyse de données de Palantir, utilisé par la DGSI depuis 2016, par une solution de l’entreprise française ChapsVision. Le premier ministre avait justifié cette orientation par la recherche d’une plus grande autonomie stratégique. Palantir affirme cependant que son contrat, renouvelé jusqu’en 2028, demeure pleinement en vigueur.
Alex Karp critique la stratégie française
Sans nommer directement ChapsVision, le dirigeant américain a dénoncé une souveraineté numérique qu’il juge superficielle. Il considère que confier à des sociétés françaises le déploiement de modèles fermés conçus aux États-Unis ou en Chine ne réduit pas réellement la dépendance technologique. Alex Karp appelle également la France et l’Europe à adopter une régulation qui accompagne davantage l’innovation, tout en reconnaissant l’existence de préoccupations légitimes autour de l’intelligence artificielle.
L’avertissement doit néanmoins être replacé dans son contexte commercial, Palantir étant directement concerné par la volonté française de privilégier une solution nationale. L’entreprise, cofondée par Peter Thiel, fournit des technologies d’analyse de données à de nombreux gouvernements et services de sécurité. Au-delà de cette bataille industrielle, l’intervention d’Alex Karp soulève une question centrale : une entreprise française peut-elle garantir la souveraineté numérique si elle reste dépendante de modèles étrangers dont elle ne maîtrise ni la conception ni les conditions d’accès ?

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