La situation financière du Parisien-Aujourd’hui en France continue de se détériorer. Le quotidien détenu par LVMH a enregistré une perte nette de 71,3 millions d’euros en 2025, contre 38,4 millions d’euros l’année précédente. Le déficit a ainsi quasiment doublé en douze mois, malgré un plan de restructuration et une réduction des effectifs. Les chiffres, révélés par L’Informé, montrent également une forte contraction de l’activité. Le chiffre d’affaires du journal est passé de 147,7 millions d’euros en 2024 à 134,7 millions en 2025, soit une baisse de 9,6%.
Moins de 25 000 exemplaires vendus chaque jour en kiosque
La chute est particulièrement spectaculaire pour les ventes au numéro. Elles ont reculé de 16,7% en un an pour tomber à 24 275 exemplaires vendus quotidiennement en moyenne. Le numérique affiche une évolution inverse, mais insuffisante pour compenser le recul du papier. La diffusion numérique progresse de 5,58% et dépasse légèrement les 100 000 exemplaires en moyenne. Le décrochage apparaît encore plus nettement lorsqu’on remonte dix ans en arrière. En 2016, Le Parisien-Aujourd’hui en France réalisait plus de 205 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2025, il n’en génère plus que 134,7 millions. En une décennie, le quotidien a donc perdu plus de 70 millions d’euros de revenus annuels, soit plus d’un tiers de son activité.
La perte d’exploitation atteint 50,7 millions d’euros
Les difficultés ne se limitent pas au résultat net. La perte d’exploitation atteint désormais 50,7 millions d’euros, en hausse de 48% sur un an. Cette aggravation intervient alors que la direction a engagé une restructuration. Les effectifs ont été ramenés de 459 à 430 salariés. Le plan a toutefois généré un coût exceptionnel estimé à 11,5 millions d’euros. Ce coût ne suffit pas, à lui seul, à expliquer la dégradation des résultats. Selon les éléments rapportés par L’Informé, les dépenses ont parallèlement augmenté de 4,88 millions d’euros en 2025 alors même que le chiffre d’affaires reculait fortement.
150 millions d’euros déjà injectés par LVMH
LVMH, propriétaire du Parisien depuis 2015, avait pourtant procédé fin 2025 à une recapitalisation massive du quotidien, à hauteur de 150 millions d’euros. Cette opération devait notamment permettre de reconstituer les fonds propres et d’accompagner la restructuration du titre. Mais les pertes enregistrées au titre de l’exercice 2025 placent à nouveau la société dans une situation nécessitant une recapitalisation pour reconstituer ses fonds propres. Le groupe de Bernard Arnault va donc devoir une nouvelle fois soutenir financièrement le quotidien.
Départs, embauches limitées et déménagement à Puteaux
La direction poursuit parallèlement son programme d’économies. Plusieurs mesures ont été engagées ou annoncées : limitation des recrutements, réduction des notes de frais et diminution des effectifs. Un autre changement important se prépare : les équipes doivent quitter Paris pour rejoindre Puteaux en 2027, une opération qui doit également permettre de réduire les coûts immobiliers. Ces mesures interviennent après plusieurs années durant lesquelles Le Parisien a cherché à accélérer sa transformation numérique, avec notamment une réorganisation de la rédaction et le développement des abonnements digitaux.
Des journalistes mettent en cause la stratégie suivie
Les résultats provoquent également des interrogations au sein du quotidien. Des journalistes et anciens responsables cités par L’Informé mettent directement en cause les choix éditoriaux et numériques effectués ces dernières années. Un journaliste s’interroge notamment sur l’augmentation des charges malgré les mesures d’économies et estime que le quotidien a raté une partie de son virage numérique. Un ancien cadre interrogé par L’Informé livre un constat encore plus sévère. Selon lui, aucune réflexion éditoriale suffisante n’aurait été menée depuis plusieurs années et le titre pourrait suivre « la trajectoire d’un destin à la France Soir », avec ce qu’il décrit comme un affaissement continu. Pour Le Parisien-Aujourd’hui en France, les chiffres de 2025 résument désormais l’ampleur du problème : 71,3 millions d’euros de perte nette, 50,7 millions de perte d’exploitation, un chiffre d’affaires en baisse de 9,6% et moins de 25 000 exemplaires vendus quotidiennement en kiosque. Malgré la progression du numérique et les importantes sommes apportées par LVMH, le redressement financier du quotidien reste à accomplir.