Invité ce dimanche de BFM Politique, Bruno Retailleau a multiplié les attaques contre le Rassemblement national et Jordan Bardella, tout en écartant toute idée de ralliement à un autre candidat. Crédité de 6 à 10 % dans les intentions de vote, le candidat LR assure qu’il ira « jusqu’à la victoire », qu’il juge « à portée de main », et refuse de considérer les sondages comme une fatalité.
Le président des Républicains estime que le RN n’est « pas prêt pour le pouvoir ». Il a particulièrement ciblé la rencontre entre Jordan Bardella et Nigel Farage, ainsi que le mémorandum signé sur l’immigration. Pour Retailleau, cet épisode est « le signe parfait d’un amateurisme » et pourrait aboutir à « transformer la France en un vaste centre de retour » pour des migrants ayant rejoint le Royaume-Uni.
Retailleau charge Bardella sur l’Europe et la Russie
Bruno Retailleau s’est également interrogé sur le message envoyé par Jordan Bardella en s’affichant aux côtés de Nigel Farage, figure historique du Brexit. « S’afficher avec quelqu’un qui ne veut plus d’Europe, c’est un message », a-t-il lancé, qualifiant le RN de « parti girouette » en raison de ses changements de position successifs sur l’euro, l’Europe ou encore le nucléaire.
Sur la Russie, l’ancien ministre de l’Intérieur a durci le ton. Il décrit le RN comme « poutinophile » et affirme qu’il ne lui « confierait pas les intérêts de la France ». « Poutine, ce n’est pas la Russie. Poutine, c’est le KGB », a-t-il déclaré, estimant que la paix ne pourra être obtenue qu’en convainquant Moscou que « la guerre coûtera beaucoup plus que la paix » et en maintenant le soutien occidental à l’Ukraine.
Retailleau tente aussi de récupérer une partie de l’électorat de Marine Le Pen. Il estime que le RN souffre toujours d’un « plafond de verre » et évoque même le début d’une « débardellisation » du parti sur fond de tensions internes. Selon lui, Marine Le Pen chercherait à reprendre le contrôle de son mouvement autour de son entourage familial, tandis que Jordan Bardella apparaîtrait fragilisé.
Malgré son retard dans les enquêtes d’opinion, Bruno Retailleau refuse donc tout retrait. Il se présente comme le candidat capable d’incarner « une vraie rupture » tout en restant « sérieux », face à un RN qu’il juge inexpérimenté et à des candidats issus du macronisme qui, selon lui, auront « beaucoup de mal à faire oublier le bilan d’Emmanuel Macron ».

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