Une passe d’armes diplomatique s’est engagée entre Marine Le Pen et le chef de la diplomatie polonaise. Après avoir dénoncé dimanche une possible « prise de contrôle forcée » du Tribunal constitutionnel de Pologne, la dirigeante du Rassemblement national a reçu une réponse particulièrement sèche de Radosław Sikorski. Le ministre des Affaires étrangères lui a demandé de ne pas se mêler des affaires intérieures de son pays, transformant une polémique institutionnelle polonaise en affrontement politique avec une candidate à la présidentielle française.
À l’origine de cet échange, la crise qui secoue le Tribunal constitutionnel polonais. La suspension contestée de son président, Bogdan Święczkowski, et de son vice-président, ainsi que le déploiement de policiers autour de l’institution, ont provoqué une confrontation entre le gouvernement de Donald Tusk et le président Karol Nawrocki. Ce dernier a interrompu un déplacement à l’étranger pour se rendre au siège du Tribunal. Marine Le Pen s’est inquiétée de ces événements, reprochant à l’Union européenne son manque de réaction face à ce qu’elle considère comme une menace pour l’État de droit.
Varsovie dénonce une ingérence, Bruxelles assure suivre la situation
La réplique de Radosław Sikorski ne s’est pas fait attendre. « Madame Le Pen, en tant qu’ami et allié de la France, la Pologne n’intervient pas dans votre politique. Nous vous prions de nous respecter en n’intervenant pas dans la nôtre », a écrit le ministre sous la publication de la responsable française. Une réponse qui souligne l’irritation de Varsovie face à l’intervention d’une personnalité politique étrangère dans un conflit institutionnel particulièrement sensible. Le gouvernement polonais défend pour sa part la nomination de nouveaux juges comme une étape nécessaire au rétablissement de l’État de droit, après plusieurs années de controverses sur l’indépendance de la justice.
Contrairement à ce qu’affirme Marine Le Pen, la Commission européenne n’est toutefois pas restée totalement silencieuse. Bruxelles a indiqué suivre attentivement la situation et rappelé que le fonctionnement du Tribunal devait respecter la Constitution polonaise ainsi que la jurisprudence européenne.









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