Le Parti du peuple thaïlandais s’apprête à jouer un rôle central dans la formation du prochain gouvernement, alors que les deux principaux camps rivaux du parlement se disputent le poste de Premier ministre. La formation politique, qui ne présente pas de candidat à la tête du pays, est désormais courtisée par toutes les coalitions en lice, son soutien pouvant s’avérer déterminant lors du vote attendu cette semaine.
Réuni lundi à Bangkok, le parti doit trancher sur la position qu’il adoptera, alors que l’issue de la bataille parlementaire demeure incertaine. Selon plusieurs responsables, les discussions portent autant sur des compromis politiques que sur les conditions posées par le Parti du peuple, que les deux camps se disent disposés à accepter.
« Notre parti n’a pas pour ambition de briguer le poste de Premier ministre, mais nous voulons que le prochain gouvernement réponde aux attentes de la population », a déclaré son chef, Natthaphong Ruengpanyawut, lors d’une conférence de presse au Parlement. Le responsable a confirmé que les négociations avançaient rapidement et qu’une décision pourrait intervenir dans les prochaines heures.
Si un accord est trouvé, la Chambre des représentants pourrait procéder au vote dès cette semaine, a indiqué un haut fonctionnaire parlementaire. La Thaïlande traverse une période d’instabilité politique depuis les dernières élections, aucun bloc n’ayant réussi à obtenir une majorité claire pour gouverner seul.
Le rôle de « faiseur de rois » confié de fait au Parti du peuple illustre le poids que les formations intermédiaires peuvent exercer dans un système politique fragmenté. Pour beaucoup d’observateurs, la décision que prendra le parti influencera durablement l’équilibre des forces au sein du parlement et la direction que prendra le pays dans les années à venir.
