POLITIQUE

Au Qatar, le présentateur Abdulaziz Al-Ansari en grève de la faim pour obtenir le droit de quitter le pays

Au Qatar, le présentateur Abdulaziz Al-Ansari en grève de la faim pour obtenir le droit de quitter le pays
Au Qatar, le présentateur Abdulaziz Al-Ansari en grève de la faim pour obtenir le droit de quitter le pays

Abdulaziz Al-Ansari, figure médiatique qatarie de 55 ans, a été hospitalisé le 15 octobre, selon le Centre du Golfe pour les droits humains. L’organisation dénonce les restrictions qui lui sont imposées et l’absence de réponse à ses démarches.

Sa demande tient en quelques mots : pouvoir quitter le Qatar. Abdulaziz Al-Ansari, présentateur de télévision, auteur et conseiller familial, a entamé le 11 octobre 2026 une grève de la faim pour protester contre le traitement que lui réservent les autorités. Quatre jours plus tard, ses proches l’ont conduit à l’hôpital. Selon un communiqué publié le 17 octobre par le Centre du Golfe pour les droits humains (GCHR), il avait perdu six kilos et ne parvenait plus à tenir debout.

L’organisation rapporte que les médecins l’ont averti du risque de défaillance de ses organes s’il poursuivait son jeûne. Al-Ansari, qui ne consommait plus que de l’eau et des solutions salines, aurait refusé une perfusion. Dans une vidéo diffusée le 12 octobre, il avait exposé sa démarche et demandé que cesse l’injustice dont il estime être victime.

Connu pour ses conseils aux familles et ses interventions sur les affaires publiques, cet homme de 55 ans dénonce depuis plusieurs années les pressions exercées à son encontre. Selon le GCHR, il avait annoncé, fin 2024, renoncer volontairement à sa nationalité qatarie en signe de protestation. Cette démarche ne lui aurait pas permis d’obtenir la possibilité de partir.

Des courriers restés sans réponse satisfaisante

Avant d’entamer sa grève de la faim, Al-Ansari avait tenté de saisir plusieurs institutions. En septembre, il a adressé des courriers au parquet général, au Comité national des droits de l’homme et à une commission ministérielle chargée des droits humains. Selon le GCHR, seule une réponse lui est parvenue : un SMS du parquet refusant d’accepter sa lettre.

Des sources locales citées par l’organisation affirment qu’il reste disposé à rencontrer les responsables concernés pour trouver une solution. Elles assurent toutefois que les autorités refusent le dialogue. Dans ses propres prises de parole, Al-Ansari affirme également avoir été emprisonné quelques heures après avoir adressé un appel à l’émir en 2024. Il récuse l’assimilation de ses critiques envers certains responsables à une attaque contre son pays.

Les éléments rapportés par le GCHR ne permettent pas de préciser le fondement juridique de l’interdiction de voyager dénoncée par Al-Ansari. Ils ne comportent pas non plus de réponse des autorités qataries à ces accusations. La nature exacte de la mesure, sa durée et les possibilités de recours constituent pourtant des questions centrales dans ce dossier.

Des précédents examinés par les experts de l’ONU

Cette affaire intervient dans un contexte marqué par plusieurs dossiers de privation de liberté examinés par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Celui d’Abdullah Ibhais, ancien responsable des médias du comité d’organisation de la Coupe du monde 2022, a notamment donné lieu à un avis en 2024. Condamné dans une affaire de corruption, il dénonçait des aveux obtenus sous la contrainte et des atteintes à ses droits de la défense. Le groupe de travail a conclu au caractère arbitraire de sa détention et demandé sa libération. Selon Amnesty International, il a été libéré en mars 2025, au terme de sa peine.

Le même mécanisme onusien a également conclu, dans un avis rendu en 2025, au caractère arbitraire de la privation de liberté de l’entrepreneur français Tayeb Benabderrahmane, arrêté à Doha en janvier 2020. Ces conclusions portent sur des affaires distinctes de celle d’Al-Ansari, mais elles éclairent les préoccupations exprimées par les organisations de défense des droits humains concernant les garanties offertes aux personnes confrontées aux autorités qataries.

Le Qatar a adhéré en 2018 au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui reconnaît notamment le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et encadre les restrictions susceptibles de lui être apportées. Le GCHR demande aux autorités de laisser Al-Ansari voyager sans entrave et de cesser de le cibler. Après son hospitalisation, l’organisation présente désormais la résolution de sa situation comme une urgence.

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