Nouveau coup dur pour le gouvernement de Sébastien Lecornu. Ce vendredi 23 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté la partie consacrée aux recettes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, par 115 voix contre une. Les groupes du bloc central se sont majoritairement abstenus, tandis que les oppositions ont voté contre. Conséquence immédiate : les députés ne pourront pas examiner les dépenses du texte en première lecture, et le projet gouvernemental initial sera transmis au Sénat, qui doit entamer son examen le 9 novembre.
Ce rejet intervient après plusieurs jours de débats particulièrement tendus, au cours desquels les députés ont profondément modifié le texte présenté par l’exécutif. Le gouvernement souhaitait ramener le déficit de la Sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros en 2027. Mais les amendements successivement adoptés avaient, selon les estimations présentées pendant les discussions, porté le déficit prévisionnel de la version examinée à environ 24 milliards d’euros. Une dégradation qui a nourri les critiques de plusieurs groupes parlementaires, y compris parmi les formations habituellement favorables au gouvernement.
Un rejet qui rassemble des oppositions pourtant divisées
La députée socialiste Sandrine Runel a dénoncé un budget insuffisamment financé et injuste, estimant que les efforts demandés aux assurés ne permettaient pas de répondre aux besoins du système de santé. Du côté du Rassemblement national, Joëlle Mélin a critiqué les modifications successives du texte et l’absence de cohérence de l’ensemble budgétaire. Le député MoDem Cyrille Isaac-Sibille a également mis en cause un projet devenu financièrement déséquilibré au fil des amendements.
Ce vote ne signifie toutefois pas que le budget de la Sécurité sociale pour 2027 est définitivement abandonné. Le texte gouvernemental initial doit désormais poursuivre son parcours au Sénat, avant de nouvelles étapes parlementaires. Pour Sébastien Lecornu, le résultat confirme néanmoins la difficulté de construire une majorité sur les finances publiques.

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