La bataille autour du droit de manifester se déplace devant la justice administrative. Ce vendredi 23 octobre, sept formations de gauche ont déposé un référé-liberté devant le Conseil d’État pour contester les restrictions annoncées par Emmanuel Macron après les violences du 17 octobre. Les Écologistes, La France insoumise, le Parti socialiste, le Parti communiste, Debout, L’Après et Génération.s dénoncent une atteinte aux libertés publiques. Fait politique notable : Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, a été sollicité mais n’a pas souhaité rejoindre cette initiative commune.
Le recours vise les orientations défendues jeudi par le président de la République à l’issue d’un Conseil de sécurité à l’Élysée. Emmanuel Macron a annoncé vouloir renforcer les restrictions visant certains rassemblements présentant des risques de violences, en distinguant notamment les cortèges syndicaux des autres mobilisations. À Paris, la préfecture de police a autorisé la manifestation prévue samedi entre Bastille et Nation, tout en interdisant un autre parcours reliant Bastille à l’Opéra. Les sept partis contestent la possibilité de fonder des restrictions sur la seule identité des organisateurs, plutôt que sur une appréciation individualisée des risques de troubles à l’ordre public.
Une offensive juridique qui révèle aussi les divisions de la gauche
Les formations requérantes soutiennent qu’Emmanuel Macron ne peut pas donner aux préfets des instructions générales conduisant à restreindre une liberté fondamentale en fonction du caractère syndical ou non des rassemblements. Elles demandent au Conseil d’État d’examiner la légalité de ces orientations, alors que de nouvelles manifestations sont prévues ce samedi 24 octobre. Le gouvernement défend, de son côté, la nécessité de prévenir de nouveaux pillages et de protéger les commerces, les bâtiments publics et les manifestants pacifiques.
L’absence de Place publique parmi les signataires constitue également un élément politique notable. Alors que Raphaël Glucksmann vient de remporter la primaire sociale-démocrate, son mouvement ne s’est pas associé à cette démarche soutenue par le PS et plusieurs autres formations de gauche.

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