François Bayrou se retrouve au cœur d’une polémique grandissante à la suite des révélations de Mediapart concernant des violences sexuelles présumées au sein du collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques. Le Premier ministre a affirmé à l’Assemblée nationale n’avoir « jamais été informé » de tels faits. Une déclaration qui suscite des réactions vives, notamment de la part du Parti socialiste et de La France Insoumise, qui réclament toute la transparence sur cette affaire.
L’enquête, menée par le parquet de Pau, s’appuie sur plus d’une centaine de plaintes, dont une cinquantaine à caractère sexuel. Les faits dénoncés auraient eu lieu entre les années 1970 et 1990 et impliqueraient 22 adultes, dont 12 encore vivants. Selon Mediapart, François Bayrou aurait été informé dès la fin des années 1990 de certaines accusations, notamment à travers un échange avec un juge d’instruction chargé de l’affaire en 1998.
Le Premier ministre a catégoriquement rejeté ces accusations, dénonçant une campagne de diffamation et annonçant son intention de porter plainte. Il a insisté sur le fait que, s’il avait eu connaissance de telles horreurs, il n’aurait jamais scolarisé ses propres enfants dans cet établissement. Pourtant, selon Mediapart, une lettre envoyée à François Bayrou en mars 2024 par une victime reconnue n’aurait reçu aucune réponse.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Les députés socialistes estiment que « des éléments contredisent la version du Premier ministre » et que « s’ils étaient avérés, cela constituerait un mensonge et une faute grave ». Du côté de LFI, Paul Vannier a comparé cette situation au scandale Cahuzac et a appelé François Bayrou à la démission.
Alors que la pression monte, l’issue de cette affaire reste incertaine. Bayrou pourra-t-il maintenir sa ligne de défense face à ces accusations, ou devra-t-il rendre des comptes à la représentation nationale ? Une chose est sûre : cette affaire jette une ombre sur son mandat et pourrait fragiliser davantage un gouvernement déjà en proie aux tensions politiques.








