La polémique autour de Jordan Bardella connaît un nouveau prolongement ce mardi 29 septembre. Au lendemain de la publication par Mediapart de conversations privées datant de 2013 et attribuées au président du Rassemblement national, Fabrice Haccoun prend sa défense dans une tribune publiée par La Nouvelle Revue Politique. L’entrepreneur et chroniqueur ne cherche pas à trancher directement la question de l’authenticité des messages, mais conteste la manière dont l’affaire est traitée dans le débat public. Mediapart affirme avoir authentifié de manière indépendante plusieurs dizaines d’échanges, tandis que Jordan Bardella nie formellement en être l’auteur et annonce des poursuites pour faux.
Le dossier est particulièrement sensible puisque les messages rapportés par Mediapart comportent, selon le journal, des propos antisémites et complotistes ainsi que des références à Alain Soral. À l’époque des échanges présumés, Jordan Bardella était encore mineur ou venait tout juste d’atteindre sa majorité et faisait ses débuts au Front national. Le président du RN affirme de son côté être victime d’une opération de déstabilisation et qualifie les documents de « faux grossiers ». Marine Le Pen a elle aussi exprimé publiquement ses doutes sur leur authenticité.
Haccoun déplace le débat sur les accusations visant la gauche
Dans sa tribune, Fabrice Haccoun choisit surtout de poser la question du traitement comparé des différentes accusations d’antisémitisme dans la vie politique française. Il reproche à une partie des médias et de la gauche de se montrer particulièrement sévère envers Jordan Bardella tout en accordant, selon lui, moins d’attention à certaines déclarations de responsables de La France insoumise. Son texte s’appuie ainsi sur une série de déclarations publiques qu’il met en parallèle avec les messages aujourd’hui attribués au président du RN. Cette comparaison relève de son argumentation politique et reste contestée par ceux qui refusent d’assimiler des situations, des formulations et des contextes différents.
La contre-offensive de Fabrice Haccoun intervient donc à un moment où l’affaire ne porte déjà plus seulement sur le contenu des conversations révélées par Mediapart. Elle devient aussi une bataille autour de la crédibilité des sources, de la responsabilité de propos anciens et des usages politiques de l’accusation d’antisémitisme. La question centrale reste néanmoins inchangée : l’authenticité des échanges attribués à Jordan Bardella. Mediapart assure disposer d’éléments permettant de les authentifier, alors que l’intéressé annonce vouloir démontrer l’inverse devant la justice.
La séquence pourrait donc se prolonger bien au-delà de la polémique médiatique immédiate. Pour Jordan Bardella, elle touche directement à l’image construite depuis plusieurs années par le Rassemblement national sur la question de l’antisémitisme. Pour ses détracteurs comme pour ses soutiens, l’enjeu consiste désormais à établir les faits et à déterminer la valeur des éléments produits de part et d’autre, plutôt qu’à limiter le débat à des accusations politiques croisées.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.