SOCIÉTÉ Police-Justice

Meurtre de Thomas à Crépol: 11 accusés aux assises, le racisme envers «la race blanche et la nation française» retenu

Meurtre de Thomas à Crépol: 11 accusés aux assises, le racisme envers «la race blanche et la nation française» retenu
Meurtre de Thomas à Crépol: 11 accusés aux assises, le racisme envers «la race blanche et la nation française» retenu

Près de trois ans après la mort de Thomas, 16 ans, tué lors du bal de Crépol dans la Drôme, l’instruction débouche sur un procès criminel ; 11 jeunes hommes sont renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme pour le meurtre de l’adolescent et des tentatives de meurtre. Les juges d’instruction retiennent également la circonstance aggravante de racisme liée à des propos visant « la race blanche et la nation française ».

Cette décision confirme l’évolution prise par le dossier au cours de l’été, lorsque la circonstance aggravante de racisme avait été ajoutée aux poursuites⁠. La qualification de bande organisée, en revanche, n’est pas retenue dans le renvoi devant les assises.

11 hommes renvoyés pour le meurtre de Thomas

Thomas Perotto est tué dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, à la fin du bal de l’hiver organisé à Crépol. Une violente confrontation éclate à l’extérieur de la salle des fêtes entre des jeunes du secteur et un groupe dont plusieurs membres viennent notamment de Romans-sur-Isère. Des coups de couteau sont portés et plusieurs personnes sont grièvement blessées.

Thomas, jeune rugbyman âgé de 16 ans, reçoit un coup de couteau au cœur et meurt pendant son transport vers l’hôpital. Après près de trois années d’investigations, d’auditions et d’expertises, les enquêteurs n’ont pas pu établir avec certitude lequel des mis en examen a porté le coup mortel.

En juin, le parquet de Valence avait demandé le renvoi de onze personnes devant les assises⁠ ; 14 jeunes hommes avaient initialement été mis en examen. Deux bénéficient finalement d’un non-lieu, tandis qu’un douzième homme doit être jugé pour violences volontaires avec arme.

Des témoignages faisant état de propos visant les Blancs et les Français

L’ordonnance concerne également le caractère raciste des faits. Les juges s’appuient notamment sur les déclarations de plusieurs témoins affirmant avoir entendu des propos visant les personnes blanches et les Français pendant les violences.

Parmi les phrases rapportées au cours de l’enquête figurent notamment « on est là pour planter des Blancs » ou « sale Français de merde ». Les magistrats considèrent qu’il existe « une concordance parmi les témoignages quant à l’existence de propos discriminatoires ».

L’ordonnance de mise en accusation retient ainsi, pour les onze hommes poursuivis pour le meurtre, une circonstance aggravante liée à des propos portant atteinte aux victimes en raison de leur appartenance réelle ou supposée à « la race blanche et la nation française ». Cette qualification constitue une circonstance aggravante attachée aux crimes qui seront examinés par la cour d’assises.

Le parquet s’était opposé à la circonstance aggravante de racisme

La question avait provoqué un désaccord au cours de l’instruction. Le parquet de Valence estimait que les éléments recueillis ne permettaient pas de retenir suffisamment cette circonstance aggravante. Il relevait notamment que les témoignages faisant état de propos racistes étaient minoritaires parmi plus d’une centaine d’auditions et présentaient, selon lui, des imprécisions ou des contradictions.

Les juges d’instruction ont finalement pris une autre décision. Dès juillet, la justice avait réintroduit le caractère raciste dans le dossier du meurtre de Thomas⁠, après la première clôture de l’information judiciaire. La nouvelle ordonnance confirme cette qualification dans le renvoi devant les assises.

La bande organisée n’est pas retenue

Autre évolution importante du dossier : la circonstance de bande organisée, envisagée au début de l’affaire, n’est finalement pas retenue. Le parquet avait déjà abandonné cette qualification dans ses réquisitions de juin, considérant que les éléments recueillis ne permettaient pas de caractériser suffisamment une organisation préalable du groupe.

Les violences seront néanmoins examinées dans leur ensemble par la cour d’assises. Le procès devra déterminer le rôle exact de chacun des accusés, alors que l’enquête n’a pas permis d’identifier avec certitude l’auteur du coup de couteau ayant provoqué la mort de Thomas.

Un procès devant la cour d’assises des mineurs

L’un des accusés avait 17 ans au moment des faits. Les onze hommes poursuivis pour le meurtre sont donc renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme. Des recours contre l’ordonnance restent possibles et pourraient modifier le calendrier judiciaire.

L’affaire atteint ainsi une nouvelle étape après plusieurs années d’enquête sur la mort de Thomas Perotto. Le futur procès devra établir les responsabilités individuelles dans les violences de Crépol et examiner la circonstance aggravante de racisme désormais retenue par les juges d’instruction.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une