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«Je me doutais qu’il y aurait des remarques homophobes»: Jean-Luc Romero atteint d’un cancer de l’anus

«Je me doutais qu’il y aurait des remarques homophobes»: Jean-Luc Romero atteint d’un cancer de l’anus
«Je me doutais qu’il y aurait des remarques homophobes»: Jean-Luc Romero atteint d’un cancer de l’anus

Jean-Luc Romero-Michel, ancien adjoint à la maire de Paris et figure historique de la lutte contre le sida, a révélé être atteint d’un cancer de l’anus. À 67 ans, l’ancien élu parisien a choisi de rendre publique la localisation de sa maladie, tout en évoquant les réactions homophobes auxquelles il s’attendait. « Je me doutais qu’il y aurait des remarques homophobes », a-t-il confié ce dimanche au Parisien. Déjà connu pour avoir révélé sa séropositivité en 2002, Jean-Luc Romero-Michel affronte cette nouvelle épreuve après près de quarante années de vie avec le VIH.

Un cancer annoncé publiquement après des décennies de combat contre le sida

Jean-Luc Romero-Michel avait déjà annoncé en octobre avoir récemment appris qu’il souffrait d’un cancer. Il avait alors évoqué son diagnostic en rappelant que des centaines de milliers de personnes découvrent chaque année qu’elles sont atteintes de cette maladie en France. Ce dimanche, il a précisé être touché par un cancer de l’anus, une localisation encore entourée de nombreux tabous.

L’ancien élu a également expliqué qu’il avait anticipé les réactions hostiles liées à cette révélation. Son homosexualité, qu’il assume publiquement depuis de nombreuses années, lui a déjà valu des insultes et des attaques. En choisissant de parler de son cancer, il expose une nouvelle fois une partie de sa vie privée, comme il l’avait fait lorsqu’il avait révélé sa séropositivité.

Le cancer de l’anus est une maladie distincte du cancer colorectal. Il se développe dans les tissus du canal anal ou de la marge anale. Une grande partie de ces cancers est associée à une infection persistante par certains papillomavirus humains, des virus très répandus qui peuvent toucher les femmes comme les hommes, indépendamment de leur orientation sexuelle.

Séropositif depuis 1987, il avait révélé son statut VIH en 2002

Jean-Luc Romero-Michel vit avec le VIH depuis 1987. Lorsqu’il apprend sa séropositivité, les traitements antirétroviraux modernes n’existent pas encore et le sida provoque des milliers de décès. Il a raconté à plusieurs reprises avoir alors pensé qu’il ne vivrait pas jusqu’à 30 ans.

En 2002, il décide de rendre publique sa séropositivité dans son livre Virus de vie. Il devient ainsi le premier responsable politique français à révéler publiquement qu’il vit avec le VIH. Cette annonce contribue à faire de lui l’une des personnalités les plus identifiées dans la lutte contre les discriminations visant les personnes séropositives.

Fondateur en 1995 de l’association Élus locaux contre le sida, il multiplie depuis les interventions publiques en faveur du dépistage, de la prévention et de l’accès aux traitements. Il a également présidé Sida Info Service, dont il défend le rôle d’écoute et d’accompagnement.

Grâce aux traitements antirétroviraux, une personne vivant avec le VIH peut aujourd’hui conserver une bonne qualité de vie pendant de nombreuses années. Lorsqu’une charge virale est durablement indétectable, le VIH ne se transmet pas par voie sexuelle. Les personnes vivant avec le VIH présentent toutefois un risque accru de développer certains cancers, notamment ceux associés aux papillomavirus humains.

Un engagement politique marqué par la lutte contre les discriminations

Ancien membre du RPR, Jean-Luc Romero-Michel s’est progressivement rapproché de la gauche. Il a notamment exercé les fonctions d’adjoint à Anne Hidalgo à la mairie de Paris, chargé des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations. Il s’est également engagé pendant plusieurs décennies en faveur du droit à mourir dans la dignité, jusqu’à devenir président d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.

Son parcours a aussi été marqué par des drames personnels. En 2018, son époux Christophe Michel est mort à 31 ans. Jean-Luc Romero-Michel a depuis poursuivi son engagement contre les risques liés au chemsex, notamment en réclamant une meilleure protection des personnes qui appellent les secours lors d’une urgence.

En janvier dernier, il avait également été au cœur d’une polémique après la publication d’un selfie pris avec Anne Hidalgo dans un avion en direction d’Auschwitz⁠. L’ancien adjoint avait reconnu une maladresse et présenté ses excuses, tout en dénonçant les insultes homophobes reçues après cette publication.

« Je veux rester maître de mes choix, de mon quotidien et de ma vie »

Lorsqu’il avait annoncé son cancer en octobre, Jean-Luc Romero-Michel avait exprimé sa volonté de continuer à mener ses combats malgré la maladie. « Aujourd’hui, un nouveau défi se présente à moi. Je le traverserai à ma manière, avec lucidité et détermination », avait-il écrit publiquement.

Il avait également affirmé : « Je veux rester maître de mes choix, de mon quotidien et de ma vie. » Une position conforme à son engagement de longue date en faveur de l’autonomie des patients et de leur liberté de décision face à la maladie.

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