Téhéran a averti samedi les pays de la région qu’ils seraient « engloutis par les flammes de la guerre » s’ils servaient de bouclier aux États-Unis, tandis que les tensions s’accumulent sur plusieurs fronts au Moyen-Orient.
Le chef du commandement central des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, a prononcé samedi une mise en garde directe à l’adresse des États voisins. « Les États-Unis avancent rapidement sur la voie de l’escalade des tensions dans la région », a-t-il déclaré dans un message diffusé sur la télévision d’État. « Tout pays servant de bouclier défensif à l’Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre », a-t-il ajouté.
Cette déclaration intervient après que Donald Trump a de nouveau menacé de frapper l’Iran « très durement ». Des médias américains ont rapporté que le président envisageait de nouvelles frappes à grande échelle dès ce week-end, visant potentiellement les infrastructures énergétiques iraniennes. Téhéran accuse Washington de chercher délibérément à aggraver le conflit. Les échanges de tirs ont repris entre les deux pays cette semaine après plusieurs jours de relative accalmie, sans qu’aucune frappe n’ait été signalée dans la nuit de vendredi à samedi.
Les ambassades américaines à Amman, Jérusalem et Bagdad ont parallèlement exhorté les ressortissants américains à envisager de quitter la région ou à se tenir prêts à partir en cas d’escalade. Les citoyens présents en Jordanie ont été invités à s’éloigner des bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. À Jérusalem, l’ambassade a conseillé aux Américains de repérer l’abri anti-bombes le plus proche, soulignant que « le régime iranien est imprévisible ».
Sur le front maritime, le Koweït a annoncé répondre à une nouvelle vague d’attaques de drones iraniens ayant frappé plusieurs « installations vitales » du pays, dont un site gouvernemental dans le nord du territoire. Aucune victime n’a été signalée. Dans le détroit d’Ormuz, deux incidents distincts ont touché des navires commerciaux vendredi et samedi. Un pétrolier a été endommagé par un projectile non identifié à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Lima, en Oman ; un autre a signalé une explosion à proximité au large de Khasab. Là encore, aucun blessé n’a été rapporté.
Les Houthis yéménites, soutenus par l’Iran, ont de leur côté affirmé avoir contraint huit pétroliers saoudiens à dévier de leurs routes habituelles dans le cadre d’un blocus déclaré la semaine dernière contre les exportations d’hydrocarbures du royaume. Ces navires devraient désormais emprunter le long trajet contournant le cap de Bonne-Espérance pour atteindre les marchés asiatiques. Riyad n’a pas confirmé ces détournements. Les Houthis contrôlent une grande partie du nord du Yémen depuis leur prise de Sanaa en 2014 et présentent ce blocus comme une riposte aux pressions saoudiennes exercées sur les territoires qu’ils administrent.
Au Liban-Sud, l’ONU a exprimé samedi une vive préoccupation face à l’ampleur des destructions menées par Israël malgré le cessez-le-feu conclu avec le Hezbollah. « L’ampleur des détonations et des démolitions en cours dans le sud du Liban est profondément préoccupante, avec un impact dévastateur sur les infrastructures civiles, le patrimoine culturel et la mémoire collective des communautés », a indiqué le bureau du coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban. La veille, l’armée israélienne avait fait exploser quelque 700 tonnes d’explosifs près du château de Beaufort, site classé sur la liste du patrimoine mondial en danger de l’Unesco la semaine précédente. Israël affirme avoir détruit des « tunnels terroristes » dans ce secteur.
À Gaza, trois Palestiniens ont été tués samedi lors de frappes israéliennes, selon les autorités sanitaires et la défense civile locales. Deux ont péri dans des attaques de drones à Gaza-Ville, un troisième lors d’un tir de missile sur un camp hospitalier à Deir al-Balah. Israël assure avoir ciblé des « terroristes » et démantelé cinq dépôts d’armes, dont un qu’il situe sur le site du camp hospitalier. Des travailleurs de santé ont démenti cette version, affirmant que les entrepôts visés contenaient du matériel de dialyse et des fournitures médicales essentielles.
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