Pour la deuxième nuit consécutive, les États-Unis n’ont mené aucune frappe contre l’Iran, rompant avec treize nuits de bombardements intensifs. Cette pause ravive les espoirs d’un retour à la table des négociations, alors que le conflit entre Washington et Téhéran approche de son cinquième mois.
Treize nuits de frappes, puis le silence. L’armée américaine n’a annoncé aucune nouvelle opération contre l’Iran samedi ni dimanche, sans fournir d’explication officielle sur les raisons de cette interruption. Le blocus naval contre Téhéran, lui, « reste pleinement en vigueur », a précisé le commandement militaire américain.
Du côté iranien, aucune attaque contre les voisins du Golfe n’a été signalée non plus. Cette accalmie bilatérale intervient alors que le conflit s’apprête à franchir le cap des cinq mois, le 28 juillet.
Donald Trump avait pourtant évoqué jeudi, dans une interview à Axios, la possibilité d’une frappe « massive » contre l’Iran, « plus importante que jamais ». Mais le lendemain, devant des journalistes, il tenait un discours plus nuancé : « Nous leur parlons en ce moment même. Je pense qu’ils deviennent de plus en plus sérieux. » Le président américain a posé Téhéran face à une alternative : un accord ou des frappes « à un niveau bien supérieur ».
Un haut responsable de l’administration Trump, cité par Reuters, a rappelé que le président « a toujours clairement indiqué que sa préférence allait à la diplomatie », tout en soulignant qu’il avait « montré à l’Iran ce qui se passerait s’ils ne venaient pas sérieusement à la table ».
La pause coïncide avec des inquiétudes internes sur l’état des stocks de munitions américains. CNN rapporte que le vice-président JD Vance et le chef d’état-major interarmées Dan Caine ont tous deux soulevé la question des réserves de défense lors d’une réunion à la Maison-Blanche vendredi. Un responsable américain a confié à la chaîne que les opérations contre Téhéran étaient « en suspens ».
Pendant que Washington et Téhéran retiennent leurs coups, le conflit s’étend sur d’autres fronts. Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont tiré des missiles et des drones sur l’Arabie saoudite en représailles à des frappes saoudiennes sur le port de Hodeida, que le mouvement contrôle. Riyad avait agi en réponse aux attaques houthies contre ses pétroliers en mer Rouge, dans le cadre d’un blocus maritime.
Le conflit a par ailleurs atteint la mer Caspienne : Téhéran accuse l’Ukraine d’avoir mené une attaque meurtrière contre un de ses navires. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de son côté, affirme que la Russie fournit à l’Iran des données satellitaires pour l’aider à diriger ses attaques au Moyen-Orient.
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