Les deux pays ont annoncé dimanche un plan de travail pour rétablir leurs relations diplomatiques, rompues après que Saint-Domingue avait refusé de reconnaître la réélection de Nicolas Maduro en 2024.
C’est un rapprochement qui s’inscrit dans un contexte de profonde recomposition politique à Caracas. Le Venezuela et la République dominicaine ont convenu d’une feuille de route vers une « normalisation graduelle » de leurs liens diplomatiques, selon un communiqué du ministère vénézuélien des Affaires étrangères publié dimanche.
« Cette décision répond à l’intérêt commun de renforcer les canaux institutionnels de communication au bénéfice des populations des deux pays », a indiqué le ministère, qualifiant l’accord de fruit d’un « dialogue soutenu » entre les deux nations.
Les relations avaient été tranchées net après l’élection présidentielle vénézuélienne de 2024. La République dominicaine avait alors rejoint plusieurs dizaines de pays pour dénoncer la réélection de Nicolas Maduro comme frauduleuse, en écho aux accusations d’observateurs électoraux et de l’opposition politique vénézuélienne. Caracas avait répondu en rompant ses relations diplomatiques avec Saint-Domingue. La répression gouvernementale qui avait suivi les manifestations post-électorales avait fait des morts.
Depuis, la donne a radicalement changé au Venezuela. Maduro a été capturé lors d’un raid militaire américain en janvier, et c’est désormais un gouvernement intérimaire dirigé par Delcy Rodriguez qui tient les rênes à Caracas. Cette administration a engagé un rapprochement avec d’anciens partenaires brouillés, dans le cadre d’un réalignement plus large sur les intérêts américains dans la région, qui comprend l’ouverture des ressources énergétiques et minières du pays aux investissements américains.
Un premier geste concret avait déjà été posé en février, avec la reprise des vols entre Caracas et Saint-Domingue et le rétablissement des services consulaires. L’accord annoncé dimanche constitue une étape supplémentaire vers un rétablissement complet des liens entre les deux capitales.
Par ailleurs, le Venezuela a récemment annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), qu’il accuse de partialité envers les pays pauvres et non occidentaux. La CPI avait ouvert en 2021 une enquête sur de potentiels crimes contre l’humanité commis par le gouvernement vénézuélien lors de la répression des manifestations antigouvernementales de 2017. Ce retrait coïncide avec les pressions de l’administration Trump visant à affaiblir l’institution internationale.
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