Marko Kričak, directeur de la police criminelle serbe et figure loyale de l’ancien président Aleksandar Vučić, a été arrêté dimanche pour abus de pouvoir. Son arrestation intervient quelques semaines après la défaite électorale du camp Vučić, dans un pays où les structures de l’ancien régime commencent à vaciller.
Marko Kričak, 42 ans, a été placé en garde à vue dimanche. Le parquet lui reproche d’avoir étouffé et manipulé une enquête sur le meurtre d’un membre présumé du milieu criminel, abattu en mai dans un restaurant de Belgrade. L’arrestation du directeur de la police criminelle serbe constitue un signal fort dans un pays qui sort d’une séquence électorale historique.
Le 25 octobre, la liste d’opposition portée par le mouvement étudiant a infligé une défaite surprise au camp du président sortant Aleksandar Vučić, dont le parti, le Parti progressiste serbe (SNS), dominait la vie politique depuis plus d’une décennie. Kričak était considéré comme l’un des fidèles de cet appareil.
Sa trajectoire est révélatrice des pratiques de recrutement du régime : ancien vendeur de voitures, il avait été intégré à l’agence de renseignement intérieure serbe (BIA) avant d’être nommé, en juillet 2023, commandant de l’unité de protection rapprochée de la police. C’est dans ce cadre qu’il est accusé d’avoir personnellement dirigé l’enlèvement d’un groupe d’étudiants, au cours duquel une jeune femme aurait été agressée et menacée de viol dans les sous-sols d’un bâtiment gouvernemental à Belgrade. Nommé à la tête de la police criminelle fin 2025, il était depuis lors dans le viseur des groupes étudiants, qui réclamaient son éviction.
Le procureur en chef de Belgrade, Nenad Stefanovic, a tenu à dissocier cette arrestation du résultat des législatives. « Cette arrestation n’a aucun lien avec le résultat des élections législatives », a-t-il déclaré devant la presse. Une mise au point que peu d’observateurs semblent prêts à prendre au pied de la lettre, tant la chute de Kričak s’inscrit dans un mouvement plus large de démantèlement des réseaux de loyaux du système Vučić au sein des appareils policier et sécuritaire.
La destitution de hauts fonctionnaires proches de l’ancien président figurait parmi les exigences centrales du mouvement étudiant, qui a conduit des mois de manifestations contre le gouvernement. L’arrestation de Kričak, qu’ils accusaient de brutalité lors de la répression de ces rassemblements pacifiques, marque une étape dans ce processus, quelle qu’en soit la motivation officielle.









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