Au moins 19 personnes ont été tuées dans un bombardement attribué à l’armée vénézuélienne contre un camp de l’Armée de libération nationale (ELN), une guérilla colombienne implantée de longue date dans les régions frontalières. L’opération aurait été menée dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2026, dans l’État d’Apure, au sud-ouest du Venezuela. Selon plusieurs sources proches de l’intervention et l’organisation de défense des droits humains Fundaredes, le bilan initial de neuf morts a été porté à 19. Cette attaque, présentée comme une opération militaire d’une ampleur inhabituelle contre l’ELN, pourrait marquer un changement dans la politique de Caracas à l’égard des groupes armés colombiens présents sur son territoire.
Le bombardement aurait visé un campement situé à Buena Vista del Meta, dans une zone rurale proche de la frontière colombienne. Juan Francisco García, coordinateur de Fundaredes dans l’État d’Apure, a indiqué que neuf corps avaient été transportés à San Fernando de Apure, la capitale régionale, avant que dix autres victimes ne soient signalées. Des personnes blessées auraient également réussi à rejoindre le territoire colombien, sans qu’un bilan précis puisse être établi. L’organisation a diffusé des images montrant plusieurs corps, des arbres abattus et les débris d’installations détruites. Les autorités vénézuéliennes n’avaient toutefois pas publié de bilan officiel permettant de confirmer l’identité des victimes ou les circonstances exactes de l’opération. Selon l’AFP, un haut responsable militaire affirme que le bombardement aurait été réalisé avec l’aide des États-Unis. Cette éventuelle coopération n’a pas été confirmée officiellement.
Une opération qui pourrait modifier les rapports entre Caracas et la guérilla
L’ELN, organisation de guérilla d’inspiration marxiste fondée en Colombie en 1964, demeure l’un des principaux groupes armés actifs dans la région. Malgré plusieurs tentatives de négociations avec les autorités colombiennes, le mouvement conserve une présence importante dans certaines zones frontalières, notamment autour des fleuves Arauca, Meta et Orénoque. Ces territoires, difficiles d’accès, sont régulièrement confrontés à des affrontements entre organisations armées, à des activités de contrebande et à des trafics transfrontaliers. Depuis plusieurs années, des organisations de défense des droits humains dénoncent la présence de combattants de l’ELN sur le sol vénézuélien et les pressions exercées sur les populations locales. L’attaque rapportée à Buena Vista del Meta constitue donc un événement particulièrement significatif, alors que les relations entre les autorités vénézuéliennes et les groupes armés colombiens font depuis longtemps l’objet de controverses.
Pour Rocío San Miguel, spécialiste vénézuélienne des questions militaires et présidente de l’organisation Control Ciudadano, ce bombardement pourrait traduire une évolution de la doctrine des forces armées vénézuéliennes. Une offensive de cette ampleur contre l’ELN serait susceptible de bouleverser les équilibres locaux, mais aussi d’entraîner des représailles ou des déplacements de populations civiles. Les habitants des régions frontalières vivent déjà dans un climat d’insécurité marqué par la présence de groupes armés et les rivalités pour le contrôle de territoires stratégiques. Les autorités devront désormais clarifier les objectifs de l’opération, établir un bilan officiel et préciser les éventuelles coopérations militaires ayant permis sa réalisation. Au-delà des 19 morts signalés, cette attaque pourrait avoir des conséquences durables sur la sécurité de la frontière entre le Venezuela et la Colombie, où les tensions restent particulièrement élevées.









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