La Russie a accusé les États-Unis de ne pas avoir respecté les engagements pris lors du sommet entre le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump en Alaska l’année dernière. Cette prise de position marque un changement notable dans le discours du Kremlin, qui avait jusqu’à présent régulièrement salué les efforts diplomatiques de Trump concernant le conflit en Ukraine.
Au cours des trois derniers jours, trois hauts responsables russes ont affirmé que Washington n’avait pas tenu les promesses faites à Moscou. Aucun d’entre eux n’a toutefois précisé quels engagements auraient été violés. Cette série de déclarations laisse néanmoins entrevoir une frustration croissante des autorités russes à l’égard de leur relation avec les États-Unis.
Ces critiques interviennent alors que l’Ukraine a intensifié ses frappes de drones à l’intérieur du territoire russe. La semaine dernière, deux attaques ont notamment visé une raffinerie de pétrole située dans la région de Moscou. Dans le même temps, lors du sommet du G7, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé auprès de Donald Trump et d’autres dirigeants occidentaux que les forces ukrainiennes étaient en train de reprendre l’avantage sur le terrain.
La Russie conteste fermement cette analyse et poursuit ses propres opérations militaires à grande échelle. Moscou estime que la situation sur le front demeure favorable à ses forces et rejette les affirmations ukrainiennes sur un éventuel retournement de la guerre.
Depuis que Donald Trump a entrepris de relancer les discussions en vue de mettre fin au conflit, le Kremlin avait adopté un ton généralement positif à son égard. Bien qu’il ait parfois critiqué Vladimir Poutine, le président américain a plus souvent reproché à Volodymyr Zelensky de ne pas avoir trouvé d’accord pour mettre un terme aux combats.
Après le sommet organisé à Anchorage, en Alaska, les responsables russes ont fréquemment évoqué ce qu’ils appellent « l’esprit d’Anchorage ». Selon plusieurs analystes, cette expression fait référence à la conviction de Moscou que Donald Trump serait favorable à l’une des principales revendications russes : la cession par l’Ukraine de l’ensemble du Donbass en échange d’un gel des lignes de front sur les autres secteurs.
Les récentes accusations russes pourraient ainsi traduire un refroidissement des relations entre Moscou et Washington, alors que les combats se poursuivent et que les perspectives d’un règlement négocié du conflit paraissent toujours aussi incertaines.
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