Le président libanais accuse l’Iran d’utiliser le Liban comme levier dans ses négociations avec Washington
Le président libanais accuse l’Iran d’utiliser le Liban comme levier dans ses négociations avec Washington

Le président libanais Joseph Aoun a accusé l’Iran d’utiliser le Liban comme monnaie d’échange dans ses discussions avec les États-Unis, dans l’une de ses critiques les plus directes à l’encontre de Téhéran depuis son arrivée au pouvoir.

Dans un entretien accordé à CNN, le chef de l’État a estimé que les Libanais payaient le prix des intérêts iraniens dans la région et a dénoncé une situation qu’il juge devenue insoutenable pour la population.

« Ils utilisent le Liban comme monnaie d’échange dans leurs négociations avec les États-Unis. C’est inacceptable », a déclaré Joseph Aoun, selon des extraits de l’interview publiés par la chaîne américaine.

Ces déclarations interviennent alors que le conflit entre Israël et le Hezbollah se poursuit depuis plus de trois mois. Le mouvement chiite libanais, soutenu par l’Iran, avait ouvert un nouveau front contre Israël en solidarité avec Téhéran après le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran à la fin du mois de février.

Ancien commandant de l’armée libanaise, Joseph Aoun, chrétien maronite, a multiplié les appels à une désescalade depuis son élection à la présidence. Il défend notamment un désarmement progressif et pacifique du Hezbollah afin de renforcer l’autorité de l’État libanais.

Le président s’est également montré favorable à des discussions directes avec Israël au début du conflit, une position qui l’a placé en opposition avec le Hezbollah et ses alliés politiques.

L’Iran considère de son côté qu’un cessez-le-feu au Liban constitue une condition essentielle à tout accord de paix avec les États-Unis dans le cadre des négociations visant à mettre fin à la crise régionale.

Les propos de Joseph Aoun illustrent les profondes divisions politiques et confessionnelles qui traversent le Liban, où une partie de la population critique de plus en plus ouvertement l’influence iranienne et le rôle du Hezbollah dans les conflits régionaux.

Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter de mettre fin aux hostilités, les déclarations du président libanais risquent d’accentuer les tensions entre Beyrouth, le Hezbollah et Téhéran, dans un contexte déjà marqué par une forte instabilité sécuritaire et politique.

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