Trois bâtiments de guerre britanniques et un hélicoptère ont traqué pendant trois jours une flottille russe traversant la mer du Nord et la Manche. L’opération a notamment permis de surveiller deux cargos sous sanctions escortés par un destroyer russe.
L’opération a duré 72 heures et s’est déroulée la semaine dernière. La Royal Navy a mobilisé le destroyer HMS Duncan, la frégate HMS St Albans et le patrouilleur HMS Severn, appuyés par un hélicoptère Merlin, pour surveiller quatre navires russes progressant de la mer du Nord vers la Manche.
Parmi les bâtiments observés figuraient les cargos General Skobelev et Sparta, tous deux frappés de sanctions, escortés par le destroyer Admiral Levchenko en direction de Douvres. La Russie a de son côté déployé la frégate Neustrashimy pour protéger le convoi.
L’amiral Gwyn Jenkins, chef d’état-major de la Royal Navy, a qualifié l’opération d’« intense » et averti qu’il n’y avait « aucune place pour la complaisance » face aux navires de la flotte fantôme russe, qu’il juge constituer « un risque inacceptable » pour la sécurité britannique. « Cette approche contraint Moscou à détourner ses navires de guerre de leur mission principale », a-t-il ajouté, précisant que la Russie « sait que nous sommes prêts à agir de nouveau si nécessaire ».
La Royal Navy avait déjà signalé une hausse marquée de l’activité russe dans ses eaux : en juillet, elle avait passé 21 jours à surveiller des navires en provenance de Moscou, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente. Des bâtiments de guerre russes ont été observés à plusieurs reprises dans le détroit de Douvres et en mer du Nord.
En juin, les Royal Marines avaient saisi le pétrolier russe Smyrtos, une première : des soldats britanniques avaient alors directement abordé un navire de la flotte fantôme, dont plus de 500 unités sont sous sanctions britanniques.
Ces tensions maritimes s’inscrivent dans un contexte diplomatique dégradé. Le Kremlin a proféré des menaces à l’égard du Royaume-Uni après la visite à Kiev du Premier ministre Andy Burnham, qui a annoncé la fourniture à l’Ukraine d’un soutien militaire incluant des plans de composants pour les missiles longue portée Scalp. L’ancien ministre russe des affaires étrangères Andrei Fedorov a déclaré ne pas pouvoir « exclure à 100 % » une action « semi-militaire » contre la Grande-Bretagne, évoquant la possibilité d’attaques contre des usines britanniques de drones par des « sources inconnues ».
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