Le polémiste britannique d’extrême droite Milo Yiannopoulos a été expulsé des États-Unis vendredi, après son arrestation par les services d’immigration américains à La Nouvelle-Orléans. Il résidait illégalement sur le territoire américain depuis mai 2019.
Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a confirmé l’expulsion de Milo Yiannopoulos, 41 ans, qualifié d’« alien illégal en provenance du Royaume-Uni » dans un communiqué officiel. L’ancien rédacteur en chef de Breitbart News avait été interpellé le 27 août à l’aéroport international Louis Armstrong de La Nouvelle-Orléans, à son arrivée sur le sol américain.
Selon le DHS, Yiannopoulos avait pénétré aux États-Unis en mai 2019 et « choisi de s’y maintenir au-delà de la durée autorisée, en violation des lois du pays ». Il a été renvoyé au Royaume-Uni, pays où il a grandi dans le Kent, dans le sud de l’Angleterre.
L’ironie de la situation n’a pas échappé aux observateurs : Yiannopoulos avait lui-même appelé à des expulsions massives et réclamé, en 2025, une « immunité totale pour les agents de l’ICE en service ». Sur les réseaux sociaux, il avait écrit : « Nous devons expulser des millions et des millions de personnes. Sans cela, rien d’autre n’a d’importance. » Il plaidait également pour une « expulsion sur-le-champ de quiconque ne peut prouver sa présence légale aux États-Unis ».
La commentatrice d’extrême droite Laura Loomer, alliée de Donald Trump et rivale déclarée de Yiannopoulos, a revendiqué sur X une part de responsabilité dans son arrestation. Elle a affirmé que le DHS lui avait confirmé que Yiannopoulos ne serait « jamais autorisé à revenir aux États-Unis ».
Natif du Kent, le polémiste s’était fait connaître comme soutien précoce de Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2016, animant notamment un événement intitulé « Gays for Trump » lors de la convention républicaine. Sa relation avec le président a depuis évolué : en mars de cette année, il écrivait sur X que Trump avait « perdu son chemin, acheté par des intérêts étrangers », tout en continuant à soutenir son programme politique.
Sa carrière avait connu un coup d’arrêt en 2017, lorsqu’une vidéo le montrant semblant cautionner la pédophilie avait entraîné son exclusion de la conférence conservatrice CPAC et sa démission de Breitbart. Il avait nié les accusations, expliquant parler de ses propres expériences d’enfance. Il avait ensuite travaillé pour le rappeur Kanye West lors de sa tentative infructueuse de candidature à la présidence en 2020, puis pour la représentante républicaine Marjorie Taylor Greene avant que celle-ci ne quitte le Congrès.
Yiannopoulos, qui se définissait autrefois comme gay et se présente désormais comme « ex-gay », a multiplié les prises de position controversées sur les personnes transgenres, les musulmans, le mouvement Black Lives Matter, les féministes et les personnes homosexuelles. Longtemps associé à la mouvance alt-right, il a toujours refusé de s’en réclamer, tout en la qualifiant d’« énergisante et excitante ».
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