Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Novi Sad, dans le nord de la Serbie, pour commémorer les victimes de l’effondrement meurtrier d’un auvent de gare survenu en 2024 et réclamer la tenue d’élections générales anticipées. Cette mobilisation s’inscrit dans le prolongement d’un vaste mouvement antigouvernemental qui secoue le pays depuis plusieurs mois.
La catastrophe, qui avait coûté la vie à 16 personnes, a profondément marqué l’opinion publique serbe. Dans les semaines qui ont suivi, des manifestations menées principalement par des étudiants se sont propagées à travers le pays, mettant sous pression le président Aleksandar Vučić et son parti au pouvoir, le Parti progressiste serbe.
Les manifestants, soutenus par des partis d’opposition et plusieurs organisations de défense des droits humains, estiment que l’accident de la gare de Novi Sad est le symptôme d’un problème plus large. Ils dénoncent une mauvaise gestion des projets publics, un manque de contrôle des infrastructures et une corruption qu’ils jugent endémique au sein de l’appareil d’État.
Malgré des températures proches de 30 degrés, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Novi Sad, la deuxième ville du pays. Les participants ont scandé des slogans hostiles au gouvernement et brandi des pancartes appelant au changement politique. Plusieurs manifestants portaient également des tee-shirts affichant le message : « Les étudiants sont en train de gagner ».
Le mouvement étudiant, devenu l’un des principaux moteurs de la contestation, affirme vouloir transformer cette mobilisation populaire en force politique. Ses représentants espèrent défier le pouvoir lors des prochaines élections législatives et présidentielles.
Les prochains scrutins sont officiellement prévus pour 2027. Toutefois, Aleksandar Vučić a récemment laissé entendre qu’il pourrait convoquer des élections anticipées dans les mois à venir, une perspective qui nourrit les attentes de l’opposition et des manifestants.
Cette nouvelle démonstration de force à Novi Sad confirme que la catastrophe de 2024 continue d’alimenter un profond mécontentement populaire. Plus qu’un hommage aux victimes, la mobilisation est devenue le symbole d’une contestation politique qui menace désormais l’un des dirigeants les plus influents des Balkans.
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