L’opposition thaïlandaise a annoncé jeudi 3 juillet qu’elle repoussait le dépôt d’une motion de censure contre la Première ministre suspendue Paetongtarn Shinawatra, dans l’attente d’une décision de la Cour constitutionnelle. Malgré cette pause stratégique, les cinq partis opposés à la majorité gouvernementale ont affirmé leur volonté d’unir leurs efforts pour éviter un blocage politique.
La Cour constitutionnelle a suspendu mardi Paetongtarn de ses fonctions de cheffe du gouvernement, après avoir accepté d’examiner une requête déposée par 36 sénateurs. Ceux-ci l’accusent d’avoir enfreint les règles d’éthique à la suite d’une conversation téléphonique divulguée, dans laquelle elle s’entretenait avec l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen, personnage toujours influent dans la région.
Réunis à Bangkok à la veille de la reprise des travaux parlementaires, les dirigeants des partis d’opposition, dont Bhumjaithai – formation ayant récemment quitté la coalition gouvernementale – ont annoncé qu’ils attendraient que la Cour rende sa décision avant d’agir. Le chef de l’opposition, Natthaphong Ruengpanyawut, a souligné que cette stratégie visait à éviter une crise politique dans un contexte déjà instable.
« Nous devons attendre des éclaircissements sur l’affaire examinée par la Cour constitutionnelle avant de décider quand soumettre une motion de censure », a déclaré Natthaphong, également dirigeant du Parti du peuple, actuellement première force d’opposition au Parlement.
Il a ajouté que toutes les formations opposées au gouvernement s’étaient engagées à éviter une impasse politique, même en cas de révocation définitive de Paetongtarn Shinawatra. L’opposition semble donc chercher à maintenir une stabilité institutionnelle tout en intensifiant la pression contre une coalition déjà affaiblie.
Le gouvernement, qui ne dispose que d’une majorité ténue au Parlement, doit en outre faire face à des manifestations populaires persistantes. Il a récemment procédé à un remaniement de son cabinet afin de consolider le soutien de ses partenaires, signe des tensions croissantes au sein de la coalition. La situation reste donc incertaine à Bangkok, dans l’attente du verdict de la Cour constitutionnelle sur l’avenir politique de Paetongtarn Shinawatra.








