Le Maroc franchit une étape historique. Le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement, faisant d’elle la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire du Royaume. Une première politique majeure pour le pays, qui intervient également dans une période de relations particulièrement étroites entre Rabat et Paris.
À 50 ans, l’ancienne ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech arrive à la tête du gouvernement après la victoire du Parti authenticité et modernité (PAM) aux élections législatives. Juriste de formation, passée notamment par l’université de Montpellier, elle dispose déjà d’une longue expérience politique locale et nationale. Membre fondatrice du PAM, elle avait également marqué l’histoire politique marocaine en devenant, en 2009, la première femme élue maire de Marrakech.
Un symbole fort pour le Maroc
Sa nomination peut être regardée comme un nouveau symbole de la place prise par les femmes dans les institutions marocaines. Elle ne suffit évidemment pas, à elle seule, à résumer la situation politique et sociale du Royaume, mais constitue une première au sommet de l’exécutif. Fatima Ezzahra El Mansouri devra désormais transformer cette dimension symbolique en action gouvernementale et construire une coalition capable de disposer d’une majorité au Parlement.
Cette nouvelle séquence politique s’ouvre par ailleurs alors que les relations entre la France et le Maroc se sont nettement renforcées. Après plusieurs années de tensions diplomatiques, Paris et Rabat ont engagé depuis 2024 un rapprochement stratégique, marqué notamment par la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc et par la reconnaissance française de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental comme cadre de règlement du différend. Les deux pays entretiennent également des relations économiques, culturelles et humaines particulièrement importantes.
L’arrivée de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement ouvre ainsi une nouvelle page politique pour le Royaume, sans bouleverser les fondamentaux de la relation franco-marocaine. Pour Paris comme pour Rabat, les dossiers sont nombreux : investissements, industrie, énergie, sécurité, immigration, éducation ou encore coopération en Afrique. La nomination historique d’une femme à la tête du gouvernement vient désormais s’inscrire dans cette période de rapprochement entre les deux pays.

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