La France a exprimé ses « regrets » après un message publié par sa représentation auprès des Nations unies mettant en cause l’engagement des États-Unis en faveur des droits de l’homme. Cette polémique avait conduit Washington à suspendre l’agrément d’Aurélien Lechevallier, choisi par Emmanuel Macron pour devenir le prochain ambassadeur de France aux États-Unis.
Dans un communiqué publié vendredi en anglais, la mission permanente française auprès de l’ONU à Genève est revenue sur un message diffusé le 25 juillet sur X. Paris y avait vivement critiqué la position américaine lors d’un vote aux Nations unies. La représentation française assure désormais que la divergence entre les deux pays « se limitait à un seul vote » et qu’elle ne remettait pas en cause leur coopération en matière de droits de l’homme.
Une critique française qui avait provoqué la colère de Washington
L’incident remonte au 24 juillet. Les États-Unis avaient alors fait partie des dix pays ayant voté contre la prolongation du mandat de Volker Türk à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, aux côtés notamment de la Russie, de la Corée du Nord et du Nicaragua. Le lendemain, la représentation française avait réagi sur X : « Les États-Unis étaient un phare pour les droits de l’homme. Ce n’est plus le cas. »
La réaction américaine avait été particulièrement ferme. Quelques jours plus tard, l’ambassadeur des États-Unis avait quitté une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies au moment où son homologue français prenait la parole. Surtout, le département d’État avait suspendu l’agrément d’Aurélien Lechevallier, désigné pour succéder à Laurent Bili à l’ambassade de France à Washington.
Paris cherche à refermer l’incident
Alors que l’agrément d’un ambassadeur français aux États-Unis relève habituellement d’une procédure largement formelle, le dossier était resté bloqué en raison du différend. Aurélien Lechevallier, actuellement directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, ne pouvait donc pas officiellement prendre ses fonctions.
Dans sa nouvelle déclaration, la France insiste sur le caractère historique de l’alliance franco-américaine et affirme que les désaccords ponctuels ne doivent pas faire obstacle au « dialogue étroit » entre les deux pays. Une démarche bien accueillie à Washington : un responsable du département d’État a indiqué à l’AFP que les autorités américaines avaient « pris note » du communiqué français et l’« appréciaient ». Cette clarification devrait désormais permettre de débloquer la nomination du nouvel ambassadeur français et de refermer cet épisode de tension diplomatique.

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