Donald Trump hausse encore le ton contre Volodymyr Zelensky. Ce samedi, le président américain a estimé que l’Ukraine devrait changer de dirigeant, reprochant à son homologue ukrainien son incapacité à mettre fin à la guerre avec la Russie. Cette nouvelle attaque intervient au lendemain de l’annonce d’un accord controversé entre Washington et Moscou sur les livraisons de gazole russe, alors que les États-Unis réclament depuis plusieurs semaines l’arrêt des frappes ukrainiennes contre les installations pétrolières russes.
Lors d’une prise de parole à la Maison-Blanche, Donald Trump a déclaré que « l’Ukraine devrait changer de président », mettant directement en cause Volodymyr Zelensky. Le chef de l’État américain, qui assure depuis son retour au pouvoir vouloir obtenir la fin de la guerre, considère que les opérations ukrainiennes contre le secteur énergétique russe compromettent ses efforts diplomatiques et contribuent à l’augmentation des prix des carburants.
Trump reproche à Zelensky de faire grimper les prix du carburant
Depuis plusieurs semaines, Donald Trump demande à Kiev de cesser ses attaques contre les raffineries russes. L’armée ukrainienne multiplie les opérations de drones contre les infrastructures pétrolières de Moscou, avec pour objectif de réduire les capacités de production de carburant et les revenus permettant au Kremlin de financer son effort de guerre.
Le président américain estime que ces bombardements perturbent l’approvisionnement mondial en gazole et contribuent à la flambée des prix aux États-Unis. Dès le 13 septembre, il avait publiquement demandé à Zelensky de modifier sa stratégie militaire : « Monsieur Zelensky doit faire une chose : il doit cesser de détruire les stocks de gazole en Russie. » Il avait ajouté que l’Ukraine disposait de nombreuses autres cibles militaires.
Cette position américaine provoque de fortes tensions avec Kiev. Pour les autorités ukrainiennes, les raffineries constituent des objectifs stratégiques puisqu’elles fournissent du carburant aux forces russes et génèrent des recettes pour l’économie de guerre de Moscou. Zelensky refuse donc de renoncer à ces opérations sans obtenir de contreparties de Vladimir Poutine.
Trump conclut un accord avec Poutine sur le gazole russe
Vendredi 9 octobre, Donald Trump a annoncé avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine pour permettre de nouvelles livraisons de gazole russe sur les marchés américain et international. Le dispositif prévoit notamment la fourniture de 300 000 tonnes dès octobre, puis 500 000 tonnes en novembre et 1 million de tonnes en décembre. À terme, Moscou évoque la possibilité d’atteindre 3 millions de tonnes mensuelles.
L’accord implique un assouplissement des sanctions américaines pesant sur les exportations russes de produits pétroliers. Washington espère ainsi faire baisser les prix du carburant, devenus un sujet politiquement sensible à quelques semaines des élections américaines de mi-mandat de novembre 2026.
Cette décision a surpris les responsables ukrainiens, qui négociaient simultanément avec les représentants de Donald Trump en Floride. Elle a également suscité l’inquiétude de plusieurs gouvernements européens, qui redoutent que la reprise des exportations russes procure de nouvelles ressources financières à Moscou.
Zelensky refuse de céder sans contrepartie russe
Volodymyr Zelensky a vivement critiqué l’accord entre Washington et Moscou, qu’il juge favorable à Vladimir Poutine. Le président ukrainien a dénoncé une décision « ni juste ni honnête », estimant que l’assouplissement des sanctions risquait de prolonger les hostilités.
Kiev affirme être disposé à suspendre ses frappes contre les raffineries russes à condition que Moscou cesse simultanément ses bombardements contre les centrales électriques et les autres infrastructures énergétiques ukrainiennes. Donald Trump réclame, pour sa part, un arrêt unilatéral des attaques ukrainiennes contre les installations pétrolières russes.
La divergence est profonde. Depuis plusieurs semaines, la Russie intensifie ses frappes contre le réseau énergétique ukrainien, alors que Kiev poursuit ses opérations contre les installations pétrolières russes. Les deux pays cherchent ainsi à affaiblir les capacités économiques et logistiques de leur adversaire.

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