BRUXELLES, 28 juillet — La Commission européenne a proposé lundi de limiter la participation d’Israël à Horizon Europe, le principal programme de financement de la recherche scientifique de l’Union européenne, en réponse à la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Cette mesure inédite intervient alors que plusieurs États membres de l’UE appellent à accroître la pression sur Israël pour qu’il respecte ses engagements en matière d’aide humanitaire.
Selon un communiqué de la Commission, la proposition fait suite à une évaluation du respect par Israël de la clause relative aux droits de l’homme intégrée à l’accord d’association entre l’Union et l’État hébreu. Cette clause lie l’accès d’Israël à certains programmes européens à son respect des principes fondamentaux des droits humains.
La suspension partielle de la participation d’Israël au programme Horizon Europe ne pourra entrer en vigueur qu’avec l’approbation d’une majorité qualifiée au sein du Conseil de l’UE, soit au moins 15 des 27 États membres représentant 65 % de la population du bloc. Des diplomates européens ont indiqué que plusieurs capitales, dont Paris, Madrid et Dublin, ont exprimé leur soutien à une action ciblée.
D’après des sources internes à la Commission, cette décision fait suite à un rapport du Service européen pour l’action extérieure publié en juin, qui affirme que des éléments laissent penser qu’Israël a violé certaines de ses obligations contractuelles. L’exécutif européen souligne que bien que des mesures aient été prises par Israël, notamment des pauses humanitaires annoncées pour faciliter l’acheminement de l’aide, celles-ci sont jugées insuffisantes face à l’ampleur de la crise.
Horizon Europe, doté d’un budget de 95 milliards d’euros pour la période 2021–2027, finance de nombreux projets dans les domaines de la santé, du climat, des technologies et de l’innovation. Israël est l’un des rares pays non membres de l’UE à y participer pleinement, en vertu d’accords de coopération scientifique.
Cette proposition reflète un tournant dans les relations entre Bruxelles et Tel Aviv, et marque une volonté croissante des institutions européennes d’utiliser les leviers économiques et scientifiques pour peser sur les politiques israéliennes à Gaza. Israël n’a pas encore officiellement réagi à cette initiative.
