La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a lancé ce dimanche dans le JDD, un avertissement ferme à l’ensemble du gouvernement : les premières propositions budgétaires pour 2026 sont trop coûteuses. Dans un contexte de finances publiques sous tension, elle exige des projets « sincères, responsables et crédibles », mettant fin à une époque d’insouciance budgétaire. Objectif : réduire les dépenses, pas les ambitions.
Des coupes, pas d’impôts
Le cadrage budgétaire est clair : les 40 milliards d’euros d’économies attendus ne seront pas financés par une hausse d’impôts. Les seules mesures fiscales envisagées concernent la suppression de certaines niches et un renforcement de la lutte contre la fraude. Bercy confirme en parallèle une réduction du nombre de fonctionnaires, une mesure qui devrait contribuer à la baisse des dépenses publiques tout en soulevant des tensions au sein de l’administration.
Amélie de Montchalin rappelle que « nous sommes au bout d’un système » et que chaque ministère devra faire preuve de discipline. Elle insiste : un bon ministre est celui qui génère des marges de manœuvre, pas celui qui multiplie les subventions. Les arbitrages finaux seront rendus avec Éric Lombard, directeur de la Caisse des Dépôts, dans les prochaines semaines.
Le gouvernement veut ainsi afficher une rigueur budgétaire sans recourir à une pression fiscale accrue sur les ménages. Mais cette stratégie de rigueur assumée risque de provoquer des frictions internes, alors que certains ministres plaident pour préserver leurs portefeuilles face à des priorités politiques nouvelles.
En pleine préparation du budget 2026, Amélie de Montchalin impose un cap : moins de dépenses, plus d’efficacité, et une reprise en main ferme des finances publiques. Une équation délicate, dans une France où l’austérité n’a jamais été un mot populaire.








